Ce court roman allègre met en scène Sigmund Freud sortant un matin de chez lui, à Vienne, pour une promenade printanière. Le temps est si beau qu'il songe à prendre son repas dehors. Mais il n'a pas atteint le bas de la rue que quelque chose le gêne: son chapeau, qui a glissé sur son front… Curieux, il regarde à l'intérieur et voit deux initiales, A. S., au lieu de son nom. Remontant chez lui, il ne retrouve pas d'autre couvre-chef sur la patère. C'est donc qu'il a pris quelque part le chapeau d'un autre, mais où, et de qui? Tel est le point de départ d'un récit d'investigation qui tourne autour du thème du double, de l'acte manqué, des associations d'idées et du rêve. L'écrivain Arthur Schnitzler, «incidemment médecin», y joue un rôle important, de même qu'une patiente muette et d'autres créatures du sexe féminin croisées jadis, fantasmées ou imaginées par Schnitzler. A ce dernier, que le promeneur finit par rencontrer au café, revient le mot de la fin, forcément ambigu. Traductrice de Pouchkine, écrivain et psychanalyste, Nata Minor se livre à un joli exercice littéraire de «remue-ménage sous un chapeau», inspiré de la vie et de l'œuvre de Freud.