Ce sont des violons d’eau douce, comme dans les anciens films du cinéma égyptien. La voix surgit dans un souffle, «This is a Man’s World», puis s’évapore en calligraphie. Depuis toujours, Natacha Atlas cumule les arguments de la diva arabe et de la soul cosmopolite – Fairuz à l’Apollo Theater. Son nouvel album, Strange Days, fabriqué avec son compagnon, le violoniste Samy Bishai, est un pont suspendu sur l’Atlantique, le soleil s’y couche et s’y lève dans le même temps.

On l’appelle dans son ermitage du sud de la France, pour évoquer ce concert exceptionnel au CityClub de Pully. Natacha Atlas, il y a quelques années, chantait un soir en Suisse. Un artiste légèrement inquiétant, Suisse d’origine roumaine, était allé la voir dans les coulisses pour lui dire à quel point il était un fan absolu. «Radu Zéro m’a alors proposé de réaliser un clip pour moi, un objet magique.» La vidéo de Inherent Rhythm survole des territoires écarlates, on dirait un monde sur lequel est passé le désastre et qui se passe volontiers des hommes.