Art contemporain

Nathalie Du Pasquier, la couleur des choses

Elle a été une des stars du design des années 1980. Depuis plus de trente ans, la Française – qui vit à Milan – poursuit une carrière de peintre qui trouve enfin sa juste reconnaissance

Si en poussant la porte de la Galerie Pace à Genève, vous avez l’impression d’entrer dans un tableau, c’est tout à fait normal, c’est même l’effet recherché. Nathalie Du Pasquier a imaginé son exposition comme une composition géante où les toiles, accrochées sur des murs cloisonnés en couleurs vives, orbitent autour d’une cabine installée pile au centre de l’espace.

L’accrochage s’intitule The Strange Order Of Things 2. Un étrange ordre des choses où des assemblages libres de formes de toutes sortes composent des peintures abstraites pleines de peps. Même si, parfois, on croit voir surgir une image, celle d’une ville en plan par exemple. «Je construis mes tableaux comme des villes, c’est vrai. Mais cela pourrait aussi ressembler à un placard avec des choses dedans», analyse l’artiste chez qui certaines compositions géométriques font penser aux œuvres de l’artiste américain Peter Halley. «J’aime beaucoup son travail, continue Nathalie Du Pasquier. Je l’ai rencontré une fois à New York. Il a travaillé avec des gens que je connaissais bien. Sottsass possédait un petit dessin de lui. Il a aussi collaboré avec Alessandro Mendini.» Sottsass, Mendini, les figures tutélaires du groupe Memphis, cette troupe d’architectes, designers, artistes qui va changer la face du meuble en 1981 depuis Milan. Et dont Nathalie Du Pasquier a été l’une des fondatrices avec son mari, le designer George Snowden.