Au commencement est la nature. Des formes végétales, minérales ou animales, qu’il ordonnance en vibrantes compositions. En langage commun, on appelle cela des natures mortes. Mais, à l’analyse, ce terme peine à retranscrire le travail du photographe Erwan Frotin, tant ses arrangements semblent animés d’un souffle vital. Une subtile oscillation entre le réel et le fantasme. Grâce à cette écriture singulière, ce Franco-Suisse se fait un nom dans les milieux de la mode et du luxe, où se succèdent commandes publicitaires et éditoriales. Au tournant des années 2000, cet ex-étudiant de l’ECAL devient ainsi le précurseur d’un style qui inspirera plusieurs générations de photographes. Il ne cessera de le nourrir au fil de travaux personnels comme «Flora olbiensis»: exposés en 2007 à la Villa Noailles, au sud de la France, ces portraits colorés de fleurs sauvages résultent d’une étude de quatre ans sur la flore locale à Hyères.