Bécaud et la scène: «Il y a cinquante ans que je fais de la scène. J'ai droit

à la médaille de l'ancienneté! Brel, Brassens, comme moi, ont beaucoup travaillé. Mais au-delà des paillettes, je peux vous dire que c'est un métier qui use les nerfs. Le seul endroit où l'on se sente bien, c'est la scène. Dans cette profession, les gens intelligents

réussissent aussi, mais avec moins de profondeur que les sensitifs et les épidermiques. Et ça, le public le sent! Quand j'écris une chanson, quand je rentre en scène, je le fais au coup de cœur, au coup de nerf, comme les tennismen qui crient quand ils décrochent un service. Je ne suis pas un gars qui réfléchit, je ne suis pas un carriériste qui calcule son coup… Je vis les choses et mon professeur, c'est le public, surtout celui du balcon.»

Bécaud et la cigarette: «Mon rapport avec la cigarette n'est pas ambigu. En fait, je suis inconscient. Quand le cancer a été terminé et que mon médecin m'a dit: «Il n'y a plus rien, c'est formidable», mon premier réflexe a été de prendre une cigarette. Vous comprenez, je ne suis pas un gars raisonnable, je suis d'un bloc, je suis comme ça, je vis à l'inspiration, je ne calcule pas…»

Bécaud et la chanson

«Tu le regretteras»: «Delanoë est arrivé avec les paroles en me disant: «C'est une chanson

sur de Gaulle!» Il m'a aussitôt rassuré: pas de message. Je préférais ça, je ne suis pas branché sur la politique politicienne. J'avais pourtant quelques craintes, sortir une telle chanson du vivant du général de Gaulle. J'étais personnellement très ami, très lié au Général, comme ça, d'une manière apolitique. Je ne suis pas militaire non plus, c'était d'homme à homme.»

Extrait du site de son biographe Bernard Réval bernard-reval.com/becaud