Cinéma 

«Je ne te voyais pas», quand les victimes affrontent leur bourreau

Le documentariste neuchâtelois François Kohler se penche, entre la Belgique et la Suisse, sur les bienfaits de la justice restaurative

Il y a d’abord cet homme, que l’on découvre en prison. Il est hanté par le souvenir de sa mère, assassinée par son compagnon alors qu’il était très jeune. On comprend que ce trauma l’a mis sur la mauvaise pente et que, pour pouvoir enfin avancer, il aimerait comprendre ce qui s’est réellement passé ce jour-là. De l’autre côté, il y a le coupable, qui s’est défendu en parlant d’un accident. S’il accepte l’idée que le fils de sa victime ait émis le souhait de le rencontrer, la perspective de l’affronter n’est pas chose aisée.

Rétablir le dialogue 

Ce cas concret de justice dite restaurative, qui vise à améliorer le processus de reconstruction des victimes et bourreaux via des rencontres encadrées, a été filmé en Belgique par le documentariste neuchâtelois François Kohler. Il ouvre Je ne te voyais pas, un sobre et émouvant long métrage partant du constat que si la justice axée sur la peine et le tout sécuritaire montre parfois ses limites, la justice restaurative s’avère souvent un bon complément aux procédures pénales traditionnelles. Et tandis que la Suisse n’en est qu’au stade de la mise en place de projets pilotes, la Belgique a depuis 2005 légiféré autour de la facilitation d’un dialogue pouvant, comme le souligne François Kohler, aider les uns à comprendre les conséquences de leurs actes et les autres à reprendre le contrôle de la situation.