Musique 

Neil Galuba: «La Bâtie veut élargir son public pour toucher les 18-25 ans»

Plus que programmateur, Neil Galuba est conseiller artistique musical pour le festival de la Bâtie. Cet ancien de l’Usine a concocté une programmation éclectique. Son objectif: séduire toutes les générations

La Bâtie aurait perdu de son venin musical. Elle serait moins singulière, trop locale, soufflent certains connaisseurs. Neil Galuba, 24 ans, ne l’entend pas de cette oreille. Il incarne cette nouvelle génération que le festival La Bâtie veut séduire.

Il n’est pas seul. Il fait partie d’un trio de choc qui conseille Claude Ratzé, directeur artistique depuis l’an passé. Ils ont entre 20 et 30 ans et se partagent la danse, le théâtre et la musique. Neil Galuba est chargé de la musique, mais c’est ensemble qu’ils discutent des dernières tendances pour que ce festival de plus de 40 ans conserve toute sa pertinence.

La ligne? Plurielle. La programmation est à l’image d’un festival multigenre. Rap, rock et soirée club se succèdent durant la quinzaine. Neil Galuba, qui signe là sa deuxième édition après une première année de rodage, affiche quelques certitudes.

Au moment de sa nomination:  «La Bâtie doit être un moment de ferveur»

Le Temps: Quel était votre objectif pour cette programmation?

Neil Galuba: Le but du nouveau directeur et de moi-même est d’agrandir notre public cible existant. Nous voulons atteindre les 18-25 ans. Le festival est axé principalement sur le théâtre et la danse, deux arts qui parlent moins aux jeunes. La musique nous permet de toucher à la fois les jeunes et notre public traditionnel.

Est-ce vraiment possible?

(Rires.) C’est dur, mais c’est possible. C’est ce qu’on fait en programmant un artiste comme le rappeur Hamza. On n’a pas le réseau pour toucher les jeunes, mais grâce à lui on peut s’en constituer un. On programme aussi des artistes qui vont satisfaire notre public plus traditionnel comme Pilot on Mars, Rhys Chatham ou SINNER DC.

Quelle est la place de la musique dans le festival La Bâtie? On dirait que c’est moins important que le théâtre par exemple…

La musique est arrivée plus tard dans l’histoire du festival. On en a moins en volume. Mais c’est traité avec autant d’importance. On a quand même un concert par jour pendant tout le festival entre Genève, Versoix et Nyon. C’est déjà bien! En plus, il faut savoir que la danse et le théâtre ne fonctionnent pas de la même façon. Une troupe propose plusieurs représentations, alors qu’un concert est unique.

Est-ce qu’il y a de la concurrence entre les festivals pour avoir certains artistes?

Je ne pense pas qu’il y ait vraiment de la concurrence. Les mêmes artistes peuvent être convoités au même moment par différents festivals. C’est le cas du groupe BCUC que nous avons programmé et qui a joué aux Nuits d’Afrique il y a deux semaines. Mais ce n’est pas une concurrence acharnée.

Y a-t-il un risque de répétition? Flavien Berger est passé à Paléo cet été et aux Francomanias de Bulle il y a quelques jours…

Ça peut même être bénéfique! Lorsque des gens voient qu’il est passé dans un grand festival, ça nous fait de la pub. C’est aussi une question d’équilibre. S’il était passé douze fois, ça aurait été trop.

L’objectif est-il de remplir des salles?

Ce n’est pas le plus important. Il faut proposer une programmation cohérente. Quand on booke un artiste, on ignore dans quel autre festival il va jouer. On pense parfois qu’un musicien va passer dans tous les festivals. Mais ce n’est pas le cas. Et on est les seuls à l’avoir!

Dans votre programmation, quel est le groupe qui va exploser l’année prochaine?

Nelson Beer va exploser sur la scène européenne. Il concentre toutes les variables en termes d’images, de marketing, de concept et de musique. Il a fait les premières parties de Christine and the Queens en Angleterre. Il n’est pas encore connu et pourtant il joue déjà un peu partout en Europe. Il ne peut que se développer.


Concerts à La Bâtie: nos suggestions

■ «Big Eyes Trio», temple de Nyon, lundi 9 septembre

Un ciné-concert au féminin par trois musiciennes romandes. Emilie Zoé à la guitare, Sara Oswald au violoncelle et Laure Betris aux synthés.

■ «Pilot on Mars», Théâtre Pitoëff, mardi 10 septembre

Nostalgique de la Beat generation, soyez les bienvenus. Le trio de rock suisse a adapté les poèmes de la contre-culture en musique. Ils ont même invité un ami new-yorkais, Rhys Chatham, en première partie.

■ «Open Field», Alhambra, mercredi 11 septembre

Trio improbable entre Tristan Perich, un programmateur musical américain 1-bit, et deux percussionnistes genevois, Eklekto et ensemble 0. Sur scène, à chacun son vibraphone.

■ «Hamza», Alhambra, samedi 14 septembre

Il a partagé la scène avec Drake lors d’un concert à Paris. Le sacre absolu. Le jeune rappeur français est la tête d’affiche des moins de 25 ans.


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