Photographier sa carrière officielle dans sa globalité? Ça demande du temps, mais on y arrive avec un peu de concentration. Neil Young a d’abord sorti trois disques mythiques avec Buffalo Springfield au mitan des années 1960, avant d’enchaîner avec une décennie qui forgera sa légende: une grosse dizaine d’albums comme autant de classiques entre 1969 et 1979. Viendront ensuite des années 1980 souillées par sa controverse avec le label Geffen, des monuments électriques avec Crazy Horse, des hymnes, des concerts longue durée sans une seconde d’ennui, et d’autres choses plus ou moins recommandables.

Au final, une grosse cinquantaine d’albums, et largement de quoi passer une vie d’émotions et de délectations. Avec ses moments choisis. Parce qu’on n’écoute pas Tonight’s The Night n’importe quand, qu’on ne sombre pas dans la folie électronique de Trans en écoute aléatoire, et qu’il faut être prêt à ne rien faire d’autre que pleurer en s’infligeant Harvest Moon. Et parce que la génération «boomers» a probablement un ou plusieurs souvenirs intimes liés à un morceau en particulier. En ce qui nous concerne: See The Sky About To Rain qui se lance au moment même où la pluie s’abat sur le pare-brise d’un 4x4 en Islande. Deux fois dans la même journée, authentique, pour une chanson qu’on ne peut plus écouter comme avant.