Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Nekfeu sur la grande scène de Paléo le jeudi 20 juillet 2018
© Nicolas Fritz

Musique

Nekfeu au Paléo, c’est physique

Armé de ses titres les plus cogneurs, le rappeur français a martyrisé jeudi soir sur la Grande Scène une foule consentante et conquise

Contrairement à ses confrères rappeurs instagrameurs, Nekfeu ne laisse quasiment aucune parcelle de sa vie sur les réseaux. Pas d’infos, pas de photos, pas de «stories», et son public reste sur sa faim. Mais c’est pour mieux se garder. Car quand le «fennec» monte sur scène, il ne communique pas. Il communie.

Enjoignant aux spectateurs d’arrêter de filmer et de remiser leur portable pour mieux «kiffer le concert», le rappeur a martelé pendant plus d’une heure et demie ses morceaux les plus tapageurs. Parmi eux, Tempête, Esquimaux, Squa et Martin Eden (deux fois) ont particulièrement tinté sur une plaine de l’Asse bondée, résonnant loin, très loin, jusqu’aux dernières demeures du soleil, là-bas, derrière les forêts jurassiennes.

Lire aussi: MGMT au Paléo, que la fête fut belle

Corridas crépusculaires

Interprétant ses morceaux avec une énergie sans borne, le rappeur français – et désormais acteur (Tout nous sépare aux côtés de Catherine Deneuve) – a littéralement retourné la Grande Scène. Dans la fumée montante et l’odeur âcre des copeaux, les pogos sauvages se sont succédé comme autant de petites corridas dans le crépuscule nyonnais. Sans merci, les corps se sont entrechoqués. Et quelques jeunes toreros, ou plutôt toreras, n’en sont pas sortis indemnes, devant se faire évacuer après s’être évanouis. Nekfeu, c’est physique.

Accompagné par son compère Doum’s, le rappeur a tout de même ménagé de courtes respirations avec des morceaux plus calmes faisant la part belle au texte – et souvent aux femmes. Le temps de retrouver ses esprits, ses valeurs et ses amis. Car peu après, la bataille des vers recommençait, parfois avec le S-Crew, son groupe de jeunesse qu’il n’a jamais quitté. Le lendemain, on se réveille difficilement. Les contusions constellent des jambes fatiguées, le t-shirt s’est affranchi de sa blancheur et les lunettes de soleil ressemblent à une sculpture contemporaine. Mais on a le sourire. Et on reprendrait volontiers une salve de coups.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo culture

Comment faire peur au cinéma?

Du «Voyage sur la Lune» à «La nonne» en passant par le «Projet blair witch»: comment le film d'épouvante est-il né et comment ses codes ont-ils évolué au fil du temps? Décryptage en images

Comment faire peur au cinéma?

n/a