RAP  

Nekfeu, le vagabond qui renaît de ses cendres

Netflix a dévoilé mardi sur sa plateforme le premier documentaire du rappeur Nekfeu. Une réalisation touchante dans laquelle l’artiste se livre sur une partie de lui dont on ignorait presque tout

Les Etoiles vagabondes ne devait être diffusé qu’une seule fois dans quelque 200 salles du réseau Pathé dans des pays francophones. Il accompagnait la sortie de l’album du même nom du rappeur Nekfeu (Ken Samaras) le 6 juin dernier. Ces projections uniques ont réuni plus de 100 000 spectateurs. Ce mardi, Netflix a soulagé les malchanceux qui n’avaient pas pu assister aux projections en diffusant sur sa plateforme l’intégralité du documentaire du rappeur.

L’introspection de Ken

Le film s’ouvre sur des loges. Celles du Festival des Vieilles Charrues en 2017. On suit le rappeur tous azimuts et quelques membres du S-Crew et de L’Entourage, ses acolytes de toujours, avant leur prestation sur la grande scène. Il semble déprimé: «Aujourd’hui, j’ai joué devant 80 000 personnes et je ne me suis jamais senti aussi seul», lance-t-il.

Dès lors, l’artiste nous immerge dans les coulisses de la réalisation de son troisième album solo. On l’apprécie alors d’une tout autre manière. Une introspection de 1h34 dans laquelle il se confie sur ses doutes, ses déceptions amoureuses qu’il conte sur les toits de Paris. Sur son apogée, ce succès qu’il semble avoir du mal à gérer, mais aussi à propos de son syndrome assumé de la feuille blanche, dont il tente de comprendre les raisons. «Je ne sais pas si je fuis Paris, ou si j’ai besoin de fuir ma routine d’artiste lorsqu’elle devient trop étouffante […]. Je suis devenu un étranger dans ma propre ville», poursuit-il. Un puissant besoin de renouveler son inspiration qu’il ira puiser aux quatre coins du monde.

«Je vise des trucs plus grands en termes d’inspiration, c’est pour ça que j’ai envie de bouger. Il faut qu’on continue de voyager, de voir d’autres ambiances. Si on reste trop à Paname, on va déprimer.»

Vagabonder pour renaître

On retrouve d’abord un Ken Samaras isolé en Grèce, à Mytilène, ville d’origine de son père. Il y retrouve sa grand-mère, mais il peine toujours à trouver l’inspiration. Il se dirige alors vers Tokyo, où son équipe et lui élisent domicile pendant deux mois. Un tiers de l’album y est réalisé. «Ça fait trop longtemps que je n’ai rien sorti et je me suis mis la pression bêtement, du coup, je suis obligé de revenir avec un album entier.»

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Ken Samaras est exigeant, il décide de poursuivre le périple en direction des Etats-Unis, d’abord à Los Angeles puis en Louisiane, où il collabore avec le trompettiste Trombone Shorty ainsi qu’un percussionniste rencontré la veille dans les rues de La Nouvelle-Orléans. Ces rencontres semblent l’animer. Nekfeu vagabonde comme pour mieux renaître de ses cendres.

Une impudique thérapie

On l’avait déjà vu à l’écran, donnant la réplique à Catherine Deneuve dans Tout nous sépare de Thierry Klifa. Mais musicalement, l’enfant star des Rap Contenders n’avait presque plus été entendu depuis trois ans. Il secouait pourtant la scène du rap français en 2015 avec son premier album en solo, Feu, réédité quelques mois plus tard, puis avec l’album Cyborg, dont il avait annoncé la sortie sur la scène de Bercy en 2016.

«Ça fait plus d’un an que j’étais censé avoir enregistré mon troisième album, mais je n’arrivais pas à m’y mettre. J’ai fait ce que je sais faire de mieux: fuir», raconte l’artiste. Les Etoiles vagabondes s’impose alors à lui comme une thérapie, l’artiste semble avoir retrouvé son équilibre. «Aujourd’hui, j’ai joué devant 80 000 personnes et je ne me suis jamais senti aussi entouré», conclura-t-il.


Les Etoiles vagabondes, Syrine Boulanouar, Nekfeu, Netflix, 1h34.

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