Musique

New Model Army, au-dessus de la foule déchaînée

Le groupe anglais a enregistré son quatorzième album sur une île norvégienne, avec l’idée de prendre du recul sur l’état du monde. Rencontre parisienne au début d’une tournée qui s’arrête la semaine prochaine en Suisse

«Je n’arrive pas à croire que trente années ont passé depuis nos premiers concerts.» En 2010, dans le livre qui accompagnait un coffret célébrant les trois premières décennies d’existence de New Model Army, Justin Sullivan soulignait, lui a qui a toujours avoué ne jamais se retourner sur le passé, à quel point le temps était une notion fragile. Et voici que le premier morceau de From Here, le quatorzième album studio du groupe qu’il a fondé à Bradford en 1980, s’intitule Passing Through, «de passage»… «J’étais pressé, j’ai pris la route jeune/J’allais nulle part, je devais juste courir», y chante-t-il. On dirait une profession de foi. Aujourd’hui encore, régulièrement, il prend la route pour quelques concerts en solo, comme s’il avait peur du vide.

«On dirait que ces dix nouvelles années ont passé très rapidement», rigole Sullivan lorsqu’on lui rappelle que le 40e anniversaire de New Model Army approche. C’est à Paris, à La Maroquinerie, où les Anglais jouent le soir même, qu’on le retrouve en compagnie du batteur Michael Dean, qui a officiellement intégré New Model Army en 1998 après avoir été, durant cinq ans, le technicien de son ami Robert Heaton, le précédent frappeur en chef du quintette, décédé en 2004. La veille, ils ont lancé, à Southampton, leur nouvelle tournée européenne, qui, la semaine prochaine, fera étape à Winterthour et à Fribourg.