Ce comédien est un fauve. Tendre selon la saison. Farouche, toujours; carnassier, à l’improviste. Instinctif dans la jungle des plus beaux textes, ceux qui éclairent la vie. Nicolas Bouchaud vous donne rendez-vous ces jours au Théâtre de Vidy à Lausanne. Et il faut se précipiter, lecteur, car cet artiste-là donne du nerf, du feu et comme un tremblement secret à tout ce qu’il vit.

Il vous attend dans la salle, en bout de rangée, prêt à déplier son corps robuste de lion en hiver. On l’a repéré et déjà se superposent d’autres nuits de théâtre. La fois où il déambulait dans l’histoire du cinéma, celle rêvée par le critique Serge Daney – La Loi du marcheur, au Théâtre Saint-Gervais à Genève. La fois aussi où il greffait les lambeaux d’un Lear qu’il a incarné sur le labeur d’un médecin de campagne, celui que l’écrivain John Berger et le photographe genevois Jean Mohr ont suivi dans Un Métier idéal – à Vidy en 2015.