Nicolas Dieterlé est un inconnu dans le panorama de la littérature spirituelle contemporaine. Il ne devrait pas le rester longtemps. Ce Français issu d'une famille protestante avait 37 ans lorsqu'il s'est donné la mort en septembre 2000. Souffrant d'une grave dépression, il n'en menait pas moins une quête mystique et littéraire d'une grande profondeur, dont témoignent les nombreux écrits qu'il a laissés. Parmi ceux-ci figurent des carnets spirituels ainsi qu'un journal, empreints de légèreté et de lumière malgré la maladie qui le rongeait. Le recueil de textes qui nous est proposé souligne la polarité de l'auteur, écartelé entre «la pierre et l'oiseau», ou la pesanteur et la grâce, pour reprendre le titre d'un ouvrage de Simone Weil qu'il admirait. On découvre une plume inspirée, habitée par l'amour des mots et de Dieu. Une prose poétique qui révèle un mystique moderne hanté quotidiennement par l'idée du suicide. Si la fascination de la mort a eu raison de l'auteur, l'appel à vivre retentit pourtant à chaque page.