Les curieux méticuleux ont leur réponse: l’édition du Festival international du film fantastique de Neuchâtel, le NIFFF, qui commence vendredi n’est pas la 20e, le millésime prévu. La 20e cuvée aura lieu en 2021. Cette fois, pour cause d’annulation générale, il est question d’un événement hors-série – dont Le Temps est partenaire. Le choix de ne pas le nommer «20e NIFFF» est dû «en raison de l’incapacité à maintenir les compétitions», note la directrice, Anaïs Emery.

Comment s’y prendre, pour exister malgré tout? Le recours à la Toile pour proposer des films, bien sûr, et, dans le cas de la manifestation neuchâteloise, le pari d’un rendez-vous en ligne chaque soir, la NIFFF TV, dès 21h. Départ vendredi lors d’une soirée d’ouverture, presque comme dans un festival de chair et d’os, avec la bénédiction à distance de la présidente du Conseil national, Isabelle Moret, et du patron de l’EPFL, Martin Vetterli.

La présentation de la sélection: Le NIFFF va faire frissonner en ligne

D’Alex de la Iglesias à Zep

Par la suite, des entretiens avec Eli Roth ou Alex de la Iglesia, des «capsules» de réflexion par Pierre Bordage, Antoinette Rychner, Zep, Jean-Marc Ligny… Et jeudi, le festival a annoncé sa cerise sur le gâteau: la remise d’un Narcisse d’honneur à Paul Schrader, scénariste de Raging Bull et Taxi Driver, réalisateur d’American Gigolo ou d’un remake de La Féline, qui interviendra le dernier jour, le samedi 11, en télédiscussion.

Comment profiter d’un festival virtuel? Pour les offres diverses et les 18 films de la sélection principale, qui seront présentés par leurs réalisateurs, les billets s’achètent sur le site du NIFFF, comme d’habitude, ou par le partenaire web de l’événement, Cinefile.ch. Ils ne sont pas donnés: 10 francs le film, 45 francs les cinq, 111 francs le pass. Les organisateurs arguent du «caractère premium» de la sélection, laquelle propose des œuvres pour ainsi dire invisibles en Suisse sinon.

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Des limites

L’exercice a ses limites, qui reproduisent parfois les contraintes du festival réel. Ainsi, chaque film ne peut être vu que durant 1000 séances au total, manière de répliquer le tonnage exigé par certaines sociétés de production ou de distribution dans les salles durant la semaine de Neuchâtel. De plus, explique l’organisation, un festival en ligne ne peut pas s’apparenter soudain à un service de streaming. Il faut donc imposer une jauge. Nulle raison de paniquer cependant, puisque c’est supérieur aux spectateurs réels si le festival avait lieu. Dans la même logique, mais aussi en raison de la complexité extrême des conditions du marché audiovisuel, le visionnage est limité à la Suisse.

Les séquences de NIFFF TV, les rencontres et conférences seront accessibles sur une app, une première pour le festival, ainsi que sur Facebook et, bien sûr, sur le site du festival. Les amateurs pourront même écouter des mix ou plonger dans un projet musical immersif des Zurichois de KnoR. Les films, eux, se trouvent sur la plateforme partenaire. Il se dit qu’à Neuchâtel et ailleurs, certains fourbissent projecteurs et écrans. Pour faire comme si, avec les frissons.


NIFFF hors-série. Du 3 au 11 juillet.