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Le NIFFF consacre un admirable film sur Téhéran sous les bombes

Le jury du festival du film fantastique de Neuchâtel couronne «Under the Shadow», de l'Irano-Londonien Babak Anvari. Une brillante évocation des bombardements durant la guerre Iran-Irak, avec une touche de mythologie des djinns

Téhéran sous les bombes, pendant la guerre avec l'Irak. Un thème à des lieues des espaces habituels de l'imaginaire. Samedi, le jury du festival du film fantastique de Neuchâtel (NIFFF) a accordé le Narcisse d'or, le premier prix, à Under the Shadow, de l'Irano-Londonien Babak Anvari, dont c'est le premier long métrage. Et d'entrée de jeu, un film admirable.

Les bombardements au quotidien

La guerre vue de Téhéran, surtout des petites gens. Dans cette famille à la fillette intelligente et têtue, le mari est appelé sur le front. Il implore sa femme de partir à la campagne, chez les parents. Alors que le couple a ses tensions, elle refuse, restant dans l'immeuble avec quelques autres voisins, et la fillette. Laquelle entend des histoire de djinns, les esprits malfaisants qui s’attachent à certaines personnes, sans les lâcher. Dans le vrai ciel, l'aviation irakienne, elle, lâche ses bombes sur la capitale. L’isolement dans le locatif, avec ses passages dans l'abri souterrain, devient huis-clos entre obus et fantômes.

D'une constante intelligence, utilisant les éléments de fantastique avec retenu et pertinence, Under the Shadow offre une touchante chronique de guerre, ces moments de dureté où la violence de l'instant sont troublés par les craintes plus anciennes, ou plus personnelles.

«Swiss Army Man» aussi salué

Au NIFFF, les jurys étonnent parfois par des choix farfelus, voire franchement contestables. Cette année, le film de Babak Anvari s'imposait comme une évidence. Il concourrait notamment face à à Creative Control, fable maligne sur la réalité virtuelle, et à Swiss Army Man, porté par un Daniel Radcliffe en semi-cadavre – le film devrait sortir en Suisse romande –, lequel est couronné par le prix du public et celui de la prix de la critique internationale.

Le Narcisse d'argent revient au film danois Parents, de Christian Tafdrup, jolie évocation d'un couple qui, à l'heure du départ du fils, retrouve un temps sa jeunesse perdue.

Malgré la météo radieuse – mais l'année passée, c’était canicule – et l'Euro 2016 pour quelques soirées, le NIFFF annonce une fréquentation stable, à 35 500 entrées.


Le NIFFF 2016

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