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Le NIFFF dispense ses premiers frissons

Le rendez-vous neuchâtelois du cinéma fantastique dévoile son programme

Quels rapports entretiennent Edgar Allan Poe, Pink Floyd et Thorgal? Ils participent tous à la douzième édition du NIFFF. En douze ans d’existence, le Neuchâtel International Fantastic Film Festival a prouvé qu’un festival de genre avait sa place dans le biotope culturel helvétique. Le succès n’a pas entraîné une institutionnalisation précoce. Le NIFFF continue de chercher et d’inventer. Il tire des passerelles avec d’autres territoires – sciences, littérature, bande dessinée, musique… La conférence de presse s’est d’ailleurs tenue au Centre d’Art Neuchâtel (CAN), un espace mangé de l’intérieur par un dédale d’agglo qui fleure la menuiserie.

La freak attitude des débuts, car il en fallait du toupet pour convoquer zombies et slashers dans l’industrieuse Neuchâtel, a généré un ferment culturel puissant. Le festival étend ses tentacules plus au sud vers la Maison d’Ailleurs et même l’EPFL, embrasse des domaines extra-cinématographiques. Le symposium Imaging the Future se concentre sur les nouvelles technologies appliquées aux jeux vidéo et aux effets visuels. Le NIFFF plonge aussi dans les univers fantastiques francophones avec, entre autres, Grzegorz Rosinski, dessinateur de Thorgal.

Sans doute pour exorciser l’effrayante bizarrerie de l’époque, le fantastique a le vent en poupe. Le NIFFF témoigne de ce bouillonnement en présentant 89 longs métrages et 21 courts. Signe de la mutation rapide que connaît le 7e art, 85% des projections sont numériques. La manifestation s’ouvre avec Holy Motors, de Leos Carax, grosse sensation au Festival de Cannes. Les treize films en compétition témoignent de l’actualité internationale du cinéma fantastique.

Poissons carnivores

Outre le traditionnel New Cinema from Asia, plusieurs sections sont alléchantes: Ultra Movies et Films of the Third Kind promettent des poissons carnivores (Piranha 3DD), l’Apocalypse selon Abel Ferrara (4:44 Last Day on Earth) ou les exploits martiaux de Tsui Hark (Flying Swords of Dragon Gate 3D). La rétrospective POV – Point of View recense les films mêlant documentaire et fiction – Blair Witch Project, Cloverfield. Des films musicaux (The Wall, Tommy, The Rocky Horror Picture Show) amènent une note rock.

Fondatrice et directrice artistique du NIFFF, Anaïs Emery a gardé sa passion intacte. A la fin des trailers qu’elle montre à la presse, elle lance: «Ça fait envie, non?» Euh… God Bless America , sur un serial killer hyperactif, moyennement. En revanche, Vanishing Waves , thriller érotique d’anticipation signé par une réalisatrice lituanienne, oui, pleinement.

NIFFF. Neuchâtel. Du 6 au 14 juillet. www.niff.ch

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