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Le NIFFF élargit son exploration de l’imaginaire mondial

La 19e édition du Festival international du film fantastique de Neuchâtel ouvrira des fenêtres sur le Danemark, l’Afrique subsaharienne et le Brésil. Une semaine de projections originales entre Jean Dujardin, qui ouvrira les feux, et un crocodile thaïlandais

A un an de sa 20e édition, le Festival international du film fantastique de Neuchâtel entre déjà en phase d’expansion. A l’interne, il jouit d’une légère hausse de budget et d’une augmentation de l’effectif. Mais les curieux bénéficieront aussi d’une forme d’élargissement à l’écran: une inflation géographique. Du Danemark à l’Afrique subsaharienne en passant par le Brésil, le festival présente une couverture mondiale d’une ampleur inédite dans son histoire. A cette triangulation s’ajoutent les classiques archipels asiatiques, présents notamment dans la sélection ad hoc de huit films du Cambodge, de Malaisie et de Chine (Zhang Yimou, qui ne fait plus dans les œuvres ampoulées, promet-on). Ainsi, le Brésil, «devenu un acteur majeur du fantastique» selon la directrice, Anaïs Emery, est présent avec trois films, dont une anticipation sociale vantée par l’équipe, Bacurau, en compétition.

Des échos de l’année passée: Six perles de cinéma fantastique repérées au NIFFF

La surprise vient d’une sélection africaine, en forme de rétrospective. Depuis la «flamboyante» fable sénégalaise Touki Bouki de 1973, avec le burkinabé Yeelen de 1987 comme jalon, le NIFFF montrera, sur pellicule, dix histoires de société, de magie ou de vengeance, y compris la coproduction sénégalo-suisse de 1992 Hyènes, Dürrenmatt adapté dans un village sénégalais. Le NIFFF s’ouvre là un front rare.

Pas de grande vedette

Pas de grande vedette cette année à l’image de David Cronenberg l’an passé, mais 90 longs métrages et 69 courts qui offriront aux amateurs d’innombrables fenêtres sur l’imaginaire planétaire. Auteur d’une improbable odyssée de science montrée en 2015, Crumbs, Miguel Llansó, Espagnol qui tourne en Ethiopie, revient avec le non moins frappé Jesus Shows You the Way to the Highway.

David Cronenberg, l’année passée: David Cronenberg met le feu aux lettres

Dans la compétition, quatre œuvres de cinéastes indépendants américains permettront de faire le point sur cette scène-là. En outre, le producteur néo-zélandais Ant Timpson présentera Come to Daddy, quête d’un paternel qui tourne mal, avec Elijah Wood, le Québécois Denis Côté fera franchir des kilomètres de neige avec le thriller surnaturel Répertoire des villes disparues, tandis que le Lausannois Blaise Harrison dévoilera son premier long métrage de fiction, Les Particules, une histoire d’ados «qui fait preuve d’un immense respect et d’une grande finesse d’observation», assure Anaïs Emery.

Tout ne change pas cependant, et les festivaliers les plus nocturnes auront leur lot de joueuses de volley qui fracassent du mâle dégénéré, de duel thaïlandais avec un crocodile et de batailles gores contre le trafic d’organes. L’ensemble sera ouvert par Jean Dujardin montrant le nouveau Quentin Dupieux, Le Daim. Sans compter une quarantaine de conférences, l’open air sur la place des Halles et les installations en rue, qui «marquent l’emprise du NIFFF sur la ville», selon son président, Jean Studer. L’expansion géographique, encore.


19e Festival international du film fantastique de Neuchâtel. Du 5 au 13 juillet

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