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Le NIFFF honore à nouveau Gaspar Noé

Après «Enter the Void» en 2010, le jury du Festival du film fantastique de Neuchâtel, présidé par David Cronenberg, consacre «Climax», brutale immersion dans une fête qui dégénère. La surprise vient du prix du public

Evoquant la bonne presse de gauche qui, en principe, le défend, Gaspar Noé nuançait récemment au Temps: «Les soutiens des Inrocks ou de Libé, c’est une fois sur deux...». Le petit Festival du film fantastique de Neuchâtel (NIFFF), lui, fait preuve de constance: dans un verdict sans grande surprise délivré samedi soir, le NIFFF a honoré Climax, le nouveau film choc du Français, huit ans après Enter the Void. Climax raconte, brutalement, la décadence d’une soirée de fête d’une compagnie de danse.

Notre interview du cinéaste:  «Climax» peut être vu comme un film éducatif»

Avec un jury présidé par le fort cérébral David Cronenberg, les spéculations allaient bon train: le cénacle suivrait-il les goûts du maître – auquel cas Gaspar Noé était bien placé –, ou y aurait-il un grand choix de groupe hors attentes? La première option l’emporte. Outre le Narcisse d’or, le grand prix neuchâtelois, Climax est retenu par le jury du Méliès, une récompense européenne. Le prix de la critique européenne revient à Piercing, de l’Américain Nicolas Pesce, une histoire de tortures réciproques entre un client et une prostituée qui a quelque chose de furieusement… cronenbergien.

Du navet à la grâce

Cette année plus encore qu’à l’habitude, la principale compétition du NIFFF a joué le yoyo entre des catastrophes majeures, dont Mandy, navet même pas drôle avec un Nicolas Cage qui n’en finit pas de chuter, et des instants de grâce, en particulier Tigers Are Not Afraid, notre coup de cœur, superbe évocation des orphelins de la guerre contre la drogue au Mexique nimbée de magie douce-obscure.

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Le public choisit un film exigeant

La surprise, en fait, vient du public, qui attribue son trophée à Kasane, une œuvre plutôt exigeante. Adaptation d’un manga fameux, le film de Satô Yûichi conte les tensions d’un tandem d’actrices liées par le destin, l’une d’elles, talentueuse, volant le joli minois de la seconde.

Les festivaliers pouvaient s’y attendre au vu de certaines files d’attente; cette édition a permis au festival d’engranger encore des suffrages, 44 000 entrées, 2000 de plus que l’année passée, avec un open air en plein cœur de la cité plutôt bien fréquenté au moins en début de soirée. Météo radieuse et matches de la Coupe du monde n’ont pas détourné les amateurs de bizarreries cinématographiques.

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