Le no future en guise de Minotaure

Science-fiction Kids captifs du «Labyrinthe»

Thomas se retrouve, mémoire effacée, dans une clairière pleine de garçons, arrivés là comme lui, sans savoir comment. Autour d’eux se dressent les murailles d’un titanesque labyrinthe à géométrie variable. Un portail s’ouvre le matin, et les «blocards» tentent de trouver la sortie. Malheur à celui qui se laisse surprendre par la nuit: des cyborgs arachnoïdes lui inoculent la «Braise», un virus qui le change en zombie agressif…

Refusant la résignation, Thomas transgresse les lois et se positionne très vite comme le leader charismatique de la bande. Il rejoint l’élite des «Runners» qui parcourent les couloirs du dédale pour en dresser le plan.

Réalité truquée

Dans un avenir dystopique, un adolescent se rebelle contre un ordre inique et mène une croisade pour la liberté… Oui, ça s’est déjà beaucoup vu au cinéma. Hunger Games a lancé le mouvement, suivi de Divergente. Voici Le Labyrinthe, tiré d’un cycle romanesque de James Dashner. Autant de trilogies inspirées de romans pour «young adults», ce courant littéraire qui détermine désormais la moitié des blockbusters hollywoodiens – l’autre étant assurée par les super­héros des écuries Marvel.

Moins exaltant que Hunger Games, tourné avec professionnalisme à défaut d’inspiration, Le Labyrinthe se laisse regarder. Parce qu’on est au cœur d’une de ces réalités truquées chères à Philip K. Dick, le labyrinthe étant enchâssé dans d’autres labyrinthes – à découvrir dans les volets suivants. Le produit concentre différentes influences: la robinsonnade juvénile sur le mode de Sa Majesté des Mouches (dissensions, tentations totalitaires et un Porcinet de service), l’architecture paranoïaque de Cube. Sans oublier des plans d’arachno-robots pompés sur Le Retour du Roi.

V Le Labyrinthe (The Maze Runner), de Wes Ball (Etats-Unis, 2014), avec Dylan O’Brien, Ami Ameen, Hi Kong Lee. 1h53.