pop

Les nocturnes irisés de Barbara Carlotti

(Atmosphériques) «L’Amour, l’Argent, le Vent», troisième perle de pop atmosphérique d’une chic Française

Genre: POP
Qui ? Barbara Carlotti
Titre: L’Amour, l’Argent, le Vent
Chez qui ? (Atmosphériques)

«Dimanche d’automne, hystérie monotone/Insomnie de basse saison/Et toi tu couches avec cette conne […] Dormir ou perdre la raison?» Un peu des deux sans doute, d’après ce que laisse entendre Barbara Carlotti d’un «Dimanche d’automne» perdu de cet épique L’Amour, l’Argent, le Vent, où règnent ambivalences et clairs-obscurs.

S’il est question de voyage sur ce troisième album aux luxuriantes symphonies pop, la chanteuse française y effleure encore la peur («L’amour, l’argent, le vent»), l’abandon amoureux («L’avenir») ou les fièvres rythmiques de jeunesse («Quatorze ans») avec la même suavité enchanteresse.

A la tombée du jour ou d’«Une nuit sans lune», du Brésil, du Japon, d’Inde et d’Italie qu’elle a sillonnés tour à tour rêveuse et effrayée, Carlotti a métamorphosé ses vagabondages en onirismes: irisés et raffinés souvent, bien que contextuellement enclins au noir, avec des claviers à foison entre quelques instrumentations exotiques mais pas toc.

Comme sur le plus primesautier L’Idéal (2008), elle parvient aussi à balayer d’un revers de main les climats chagrins, par une formule lapidaire à changer le cours des airs et saisons. Si elle «s’épuise à vue» dans ce qui pourrait être un autoportrait de sensations («Le cœur à l’ouvrage»), cette conteuse hors pair qui a collaboré avec Katerine, JP Nataf, Delpech, rebondit avec insouciance aux côtés de Katerine justement pour un titre à la majestueuse désuétude mélodique («Mon Dieu, mon Amour»). Carlotti a le chic des chocs atmosphériques.

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