Noir Désir. Soyons désinvoltes, n’ayons l’air de rien , 2 CD et 1 DVD, Barclay/Universal. Env. 35 fr./MP3, 24 fr.

Emprunté aux couplets de «Tostaki», le titre de ce best of de Noir Désir scelle un chapitre du patrimoine rock francophone. D’autant qu’il s’est sans doute mué en slogan d’une génération pétrie de désenchantement. Ce tour du propriétaire en 36 titres parus entre 1987 et 2001, dénué d’inédits hormis côté archives visuelles de concerts et personnelles, ne revêt donc qu’une fonction cathartique pour passionnés ou pédagogique pour dilettantes. Un an après la dissolution officielle de l’emblématique quatuor bordelais, ce chant du cygne scinde le répertoire en deux volets: le premier est dédié à la discographie originale, le second aux reprises (Brel, Brassens, ­Bashung, Beatles, Ferré, King Crimson), remixes (par Tiersen ou Sloy) et duos (avec Brigitte Fontaine, les Têtes Raides). Rideau donc, hélas, sur un groupe d’une rare intensité.