#Un jour, un tweet

Noire n’est pas leur métier

Seize actrices, coautrices d’un livre manifeste publié aux Editions du Seuil, ont offert au Festival de Cannes une nouvelle montée des marches symbolique

Jusqu’au 19 mai, le hashtag #Cannes2018 sera l’un des plus utilisés sur Twitter. Chaque jour, parmi les milliers de gazouillis générés par le festival, «Le Temps» en retient un, prétexte à parler de Cannes, du cinéma, mais pas seulement.

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Décidément, ce 71e Festival de Cannes aura été très politique. Il restera d’abord comme le premier de l’ère #MeToo, le premier sans le gigantesque pavillon financé par Harvey Weinstein, où dès la fin de la matinée s’arrêtaient des limousines aux vitres teintées. Mais il y en a eu d’autres, des messages adressés au monde. Alors que la cérémonie des Oscars bannit les prises de position idéologique, à Cannes la parole est libre. Une bonne chose vu qu’il s’agit d’une des manifestations les plus médiatisées après les Jeux olympiques et la Coupe du monde de football. Sur le tapis rouge, pas de sponsors, pas de marques. «Stop the attack on Gaza»: lorsque l’actrice franco-libanaise Manal Issa a brandi ce panneau, on n’a vu qu’elle.

Après une montée des marches symbolique qui a réuni le week-end dernier 82 femmes, ce sont mercredi soir seize comédiennes noires qui ont été accueillies devant le Palais des festivals par le président Pierre Lescure, le délégué général Thierry Frémaux et la chanteuse burundaise Khadja Nin, membre du jury. Ces seize actrices viennent de cosigner, aux Editions du Seuil, l’ouvrage collectif Noire n’est pas mon métier. Elles y dénoncent les stéréotypes et le racisme auxquelles elles ont toutes, un jour ou l’autre, été confrontées.

Dans leur ouvrage, elles stigmatisent une industrie qui les voit encore trop souvent comme une caution diversité et les confine souvent dans des rôles secondaires. «Nous voulons parler au cinéma français, mais aussi à la jeunesse, aux élites, aux instituteurs qui nous ont ratées. Dire à la République que nous sommes là», clame par exemple Aïssa Maïga. Beaucoup plus de politique, un peu moins de glamour: c’est aussi ça, un festival réussi.

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