Nom de Zeus! Nous sommes le 21 octobre 2015. La date n’évoque sans doute rien à la plupart d’entre vous. Les fans de la saga Retour vers le futur, eux, l’attendent depuis 1989: c’est en effet à cette date que démarre en trombe le deuxième opus de la trilogie de Robert Zemeckis.

Pour ceux qui ne l’auraient jamais vu, ou qui l’auraient oublié, l’aventure démarre précisément quand se termine le premier volet. Revenant de ses péripéties dans le passé, Marty McFly découvre que ses actions ont modifié le présent, qui lui sourit désormais. C’est alors qu’arrive l’inénarrable Doc au volant de sa DeLorean volante. Il a de mauvaises nouvelles: le futur de Marty n’est pas vraiment bon, ses enfants vont finir en prison, vite, il faut repartir… vers le futur!

A l’écriture aux côtés de Bob Gale, le réalisateur propose alors sa vision du futur tel qu’il l’imaginait il y a trente ans, un futur finalement pas si éloigné de la réalité. Passage en revue des tops et des flops.

Le hoverboard

C’est sans doute la plus grosse déception des fans de la saga. Le skate à lévitation (en fait une trottinette dont il enlève le guidon) qu’emprunte Marty à une fillette pour échapper à ses poursuivants n’a toujours pas vu le jour en 2015… du moins pas comme on pouvait l’espérer.

Mais des entreprises y travaillent. L’une d’entre elles s’appelle Lexus. Filiale de Toyota, elle a conçu un prototype de hoverboard à sustentation magnétique, le «Slide». Peu d’informations ont filtré à ce sujet si ce n’est que le Slide reposerait sur l’effet Meissner, une curiosité de laboratoire qui consiste à faire léviter un matériau supraconducteur placé au-dessus d’un aimant.

Difficile de ne pas rester sceptique lorsqu’on sait que la supraconductivité n’est pour l’instant atteinte qu’en laboratoire dans des conditions très précises, souvent avec des températures très basses, en tout cas bien loin de celles régnant dans un skate park ensoleillé!

Autre projet de hoverboard, les Hendo hoverboards de la société Arx Pax, qui a levé 500 000 dollars sur Kickstarter l’année dernière. Il repose sur le même principe, autrement dit ne fonctionne qu’au dessus d’une surface magnétiquement appropriée.

On a beau s’appeler Tony Hawk, le résultat est franchement encore loin des poursuites endiablées du film.

Verdict: Flop!

Les vêtements du futur

Pour Robert Zemeckis et Bob Gale, le futur passait forcément par des vêtements bardés de gadgets. Ce qui est d’ailleurs cocasse dans le film, puisque malgré leur supposée haute technologie, les costumes du film ressemblent furieusement à des vêtements… des années 1980. Casquette fluo, double cravate, pantalons bouffants avec les poches retournées («Retourne les poches de ton pantalon», intime Doc à Marty), achèvent de trahir leur époque.

Lorsqu’il s’habille en jeune du futur, Marty endosse ainsi un blouson qui s’ajuste immédiatement au gabarit de son porteur, en plus de se sécher tout seul, ce qui ne le laisse pas indifférent.

Ce genre de technologies reste encore à inventer. Mais des vêtements intelligents existent déjà: certains sont même truffés de capteurs renseignant par exemple sur la fréquence cardiaque ou la transpiration de leur porteur. D’autres intéressent le secteur médical, en analysant par exemple les signaux nerveux survenant lors de crises d’épilepsie.

Autre technologie que Gale et Zemeckis n’ont pas anticipée, les écrans OLED peuvent être conçus sur des matrices souples, ce qui laisse entrevoir des vêtements avec des écrans intégrés.

Difficile enfin de passer sur les baskets chaussées par Marty McFly: une mythique paire de sneakers Nike autolaçantes.

Dessinées à l’époque par le designer de Nike Tinker Hatfield, elles devaient être commercialisées cette année et proposer un énigmatique système de laçage «dans lequel des roulements motorisés placés dans les semelles pourraient lacer les chaussures en fonction du poids de leur porteur»; ça paraît complètement dingue, mais ne rigolez pas trop vite: la firme a tout de même déposé un brevet.

Verdict: mi-top, mi-flop

Les voitures volantes

«La route? Là où on va on n’a pas besoin de routes», glisse malicieusement Doc à Marty. De Fantomas à Harry Potter en passant par Le Cinquième Elément, notre imaginaire collectif du futur est abreuvé d’images de voitures volantes. Et la mythico-légendaire DeLorean de Retour vers le futur ne fait pas exception.

Zemeckis imagine ainsi des rues dans lesquelles volent toutes sortes de voitures et où les stations- service sont perchées sur les toits.

Si l’industrie a un temps imaginé mettre au point de tels véhicules, force est de constater qu’ils sont tombés dans l’oubli. Il faut dire que l’équation est insoluble: le poids des véhicules est bien loin des standards de l’aéronautique qui vise les matériaux les plus légers afin de réduire la consommation de carburant et d’obtenir une portance maximale.

Certes des irréductibles tels que l’américain Terrafugia jurent pouvoir commercialiser des voitures volantes d’ici à 2023. Mais il s’agit plutôt d’avions aux ailes rétractables, beaucoup moins classe que la DeLorean, vous en conviendrez.

La voiture volante n’est donc qu’un rêve en 2015. Et au vu des comportements sur la route, ce n’est peut-être pas plus mal comme ça.

Verdict: Flop!

Des écrans partout

Lorsque Jennifer découvre sa maison du futur, elle observe son (futur) fils allumer un écran qui ressemble fort à nos téléviseurs actuels. La chose peut nous sembler banale, mais en 1989, l’écran cathodique règne en maître et voir une dalle aussi grande et aussi plate relevait de la pure science-fiction.

Les écrans sont d’ailleurs omniprésents dans le film. Les serveurs du 80’s Café, le café rétro dans lequel Marty rencontre Griff, sont des sortes de robots à écran cathodique dans lesquels est affiché l’avatar d’une célébrité (Ronald Reagan et Michael Jackson en l’occurrence). Marty se fait également solliciter pour un don de charité en signant sur une espèce de tablette tactile qui ressemble à nos tablettes actuelles.

Sur ce point, Zemeckis et Gale ont eu beaucoup de flair.

Verdict: Top!

L’avènement des réseaux sociaux

Autre point sur lequel les scénaristes de Retour vers le futur II ont visé incroyablement juste: la place que prendrait l’aspect social dans l’informatique. Lors de la visioconférence entre Marty et Douglas J. Needle (voir la vidéo précédente), on voit en effet tout un tas d’informations qui semblent tout droit sorties d’un profil Facebook: son métier, sa date d’anniversaire, sa boisson préférée…

L’idée émergera à nouveau 15 ans plus tard lorsque Mark Zuckerberg créera Facebook.

Verdict: Top!

Les casques à réalité virtuelle et les Google Glass

De nombreux habitants de Hill Valley se promènent avec des masques sur les yeux qui évoquent les casques à réalité virtuelle. Doc en utilise d’ailleurs un pour conduire, et Marty Junior en chausse avant de passer à table.

Comment ne pas faire le lien avec les casques actuellement développés par Oculus VR ou Samsung?

Enfin, le film imagine des téléphones portables intégrés dans les lunettes, une innovation qui n’est pas sans rappeler les célèbres Google Glass, même si celles-ci n’ont jamais vraiment eu cette fonction. D’une manière générale, les scénaristes du film ont bien entrevu ce que pourrait être une maison connectée, bien avant la création du Web.

Verdict: Top!

La nourriture déshydratée

Que les amateurs de bonnes pizzas se réjouissent: la pizza que Lauren McFly fait réchauffer dans le film, qui gonfle et s’hydrate en moins de 10 secondes, n’est pas près d’arriver dans les rayons.

Certes, la nourriture déshydratée n’est pas nouvelle, elle existait même bien avant 1989. Mais à ce jour aucune pizza déshydratée n’est sur le marché. Profitant de la vague, Pizza Hut propose même, le 21 octobre uniquement, la fameuse pizza avec une moitié garnie de poivrons verts. Comme dirait Lauren, «avec hydratation 4, s’il vous plaît».

Verdict: Flop!

Combustion de déchets pour en faire de l’énergie, hologrammes, jeux vidéo sans manette comme sur la Wii de Nintendo… le film a anticipé bien d’autres créations qui existent bel et bien aujourd’hui. Finalement, sous ses airs de comédie familiale, Retour vers le futur II a fait un joli travail d’anticipation.

Notre quiz: êtes-vous un incollable de «Retour vers le futur»?