«Le nonante-neuf», un peu de Suisse à Arles

Festival Confédération et canton de Vaud font leur pub aux Rencontres photographiques

Une oasis après la traversée caniculaire du parc des Ateliers. Il fait 35 degrés à Arles, en ce premier jour des Rencontres photographiques et il faut du courage aux festivaliers pour s’acheminer d’une exposition à l’autre. Les anciennes halles SNCF, dont une partie est en cours de transformation par la fondation de Maja Hoffmann, n’ont pas l’ombre à offrir des ruelles de la cité antique. Tout au bout de leurs chemins de poussière, «le nonante-neuf». Un abri sous une verrière destiné à assurer la promotion de la Suisse photographique, appréciée du directeur de la manifestation et récent patron du Musée de l’Elysée, Sam Stourdzé.

Le «nonante-neuf», clin d’œil aux départements français, c’est d’abord une estrade semée de pelouse artificielle et garnie de coussins acidulés. Une femme allaite son bébé, un couple se bécote, beaucoup s’y reposent, allongés comme à la plage ou dans la prairie. En contrebas, on se partage les tables ombragées pour déguster les hot-dogs new-yorkais du food truck sis à quelques mètres. De l’autre côté, le bar et son enseigne fuchsia. Ni Rivella ni tartine de Cenovis, des biscuits Michel et Augustin ou de la San Pellegrino. La serveuse a vaguement connaissance d’une incursion helvétique dans le paysage arlésien, mais ne saurait en dire plus. Il faut tourner le regard vers le mur bibliothèque pour saisir. Même si les explications manquent pour les non-initiés. Là, un portrait de Burri. Des livres édités par l’ECAL, le Fotomuseum, les Journées photographiques de Bienne ou le Musée de l’Elysée. Des écrans sur lesquels défilent des scènes du festival Images. Des blocs de bois énumérant les expositions suisses de ces Rencontres et les acteurs clés de la Confédération dans le domaine photographique. Et l’on se rend compte de la richesse incroyable du pays, d’une sorte d’écosystème tissé de liens entre écoles, éditeurs, festivals et musées.

Une Suisse culturelle

Cette prise de conscience est précisément le but recherché par Présence suisse, qui inaugure cette «Maison suisse» pour trois ans avec le canton de Vaud, particulièrement doté en matière photographique. «La Suisse est trop peu perçue pour sa culture à l’étranger. Les Rencontres attirent 100 000 personnes l’été; ces gens auront une vision de notre pays autre que celle des banques, chocolats et fromages», déclarait Nicolas Bideau, directeur, au Temps en avril dernier. Un petit goût de l’humour local aussi, avec les machines à drôles de selfie s concoctées par l’ECAL et mises à disposition d’un public hélas uniquement concentré sur sa limonade. Au menu encore, des rencontres, des signatures et des événements organisés en partie par Cosmos-Arles Books, dont la soirée d’ouverture du festival ce lundi.