Il y a dans les images que montre Eddy Mottaz à l’enseigne du festival No’Photo quelque chose d’à la fois totalement hypnotique et de profondément mélancolique. Dans une salle vitrée et lumineuse des Ports francs et Entrepôts de Genève, qui collaborent pour la première fois avec la biennale, le photographe attitré du Temps dévoile Mythologies alpestres, une série réalisée entre 2019 et 2021. On y voit des glaciers, ces mers de glace qui, inexorablement, reculent, perdent chaque année une petite bataille dans la grande guerre contre les dérèglements climatiques. Mais ce qui intéresse en premier lieu Eddy Mottaz, c’est moins le constat d’une lente disparition que la dimension organique, mystérieuse, de ces glaciers.