C’est un festival qui aurait pu s’appeler «Rhume», «Bilharziose», ou «Maladie de Carlos Chagas», mais à Saint-Imier, on a décidé de le baptiser «Toxoplasmose». Il y a bien entendu, dans ce choix, quelque chose qui tient de l’humour noir. C’est une couleur que l’on sait commune chez les Imériens, pétris d’une tradition anarchiste qui remonte en tout cas au Congrès de 1872 – au sud-est de la petite ville, une zone de villas est d’ailleurs traversée depuis 2017 par une rue Bakounine. Mais il y a aussi dans cette dénomination pathologique une connotation qui a davantage trait à l’idée qu’on se fait de la création musicale en elle-même: à la «Toxo», comme on dit, ce qu’on entend se développe hors des cadres attendus, ordonnés, aseptisés. Pour le dire familièrement, «c’est une musique de malades».