Nouveau souffle des Musicales de Compesières

Classique Pour la septième saison de son festival, Claire Haugrel mise sur la jeunesse

«Sept, c’est un chiffre important. Dans une vie d’homme, c’est l’âge de raison», explique Claire Haugrel, fondatrice des Musicales de Compesières. «Je ne pouvais pas manquer cette étape. La prochaine saison sera donc celle du renouveau.» Et non des moindres. Car outre un nouveau visuel – qui valorise l’église et la commanderie de Compesières émergeant de la nuit sur un couvercle de piano, entre trompette et violon, – le comité a été entièrement refondé.

C’est pourtant sur le plan artistique que les Musicales présentent des projets inédits. L’accueil en résidence pendant trois ans de la toute jeune Camerata du Léman, formation à géométrie variable menée avec allant par la violoncelliste Carine Balit, représente déjà une innovation. S’y ajoute une formule originale de parrainage de musicien, une idée séduisante qui constitue l’élément le plus singulier de l’édition à venir.

«Que le public ait la possibilité d’entrer dans la famille musicale de Compesières, en soutenant personnellement un ou plusieurs instrumentistes, répond aussi à l’état d’esprit de partage et de convivialité qui m’anime depuis toujours», souligne Claire Haugrel. Ce tremplin s’avère idéal pour un ensemble modulable sans chef.

Le répertoire balayé par le groupe va du quatuor à quinze musiciens fixes (tous issus de la HEM de Genève et formés par Gábor Takács-Nagy). Mais sur les terres de Bardonnex, l’orchestre se réunira au complet, et s’enrichira même d’autres éléments selon les œuvres programmées. L’ensemble aura en outre l’opportunité de partir en tournée et de bénéficier d’autres invitations à l’extérieur, grâce à l’appui de la directrice des Musicales.

Rendez-vous flambant neuf

Le concept de base de la saison, qui s’articule sur trois week-ends par an (novembre, mars et mai), évolue lui aussi, notamment dans la programmation des concerts. Ceux du vendredi mettront en valeur des solistes lauréats de la dernière édition des Jeudis du piano de l’Athénée, autre bébé de Claire Haugrel. C’est le pianiste iranien Nima Sarkechik qui aura les honneurs de l’inauguration, avec la 3e Sonate de Brahms en première partie, et le Concerto No 5 «L’Empereur» de Beethoven, dans une version pour 15 instruments dirigés pour l’occasion par Claudio Vandelli.

Les samedis proposeront une affiche orchestrale avec la Camerata du Léman. Pour cette première saison rénovée, c’est Bach, Mozart, Mendelssohn, Barber et Chostakovitch qui ouvriront les feux d’un programme «grand répertoire».

Quant aux dimanches, ils seront l’occasion d’une fête qui se déclinera sur toute la journée. La fin de matinée accueillera un concert offert à tous de chant et orgue (la soprano Savika Cornu Zozor et l’organiste Marcello Giannini). Et la journée s’achèvera sur le traditionnel oratorio conclusif (l’ensemble vocal Euterpe et instrumental Fratres dirigés par Christophe Gesseney donneront les trois premières cantates de l’Oratorio de Noël de Bach).

La pièce vocale majeure sera précédée dans l’après-midi d’un autre rendez-vous tout neuf: une causerie de l’historien Dominique Zumkeller à la salle des chevaliers de la Commanderie. Une autre façon d’entrer dans le passé des lieux, hérités de l’époque carolingienne, avant d’explorer plus largement la campagne genevoise dans le futur. De jolis projets, décidément.

Les Musicales de Compesières , les 21, 22 et 23 novembre. Navettes gratuites depuis la place Neuve. Rens.: 079 637 23 28, www.musicalesdecompesieres.ch