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Le projet de théâtre, conçu par l’agence lausannoise Pont12.
© Pont 12

Commentaire

Le nouveau Théâtre de Carouge: l’amorce d’un formidable élan régional

Les Carougeois ont approuvé massivement la reconstruction de leur théâtre. Avec le chantier parallèle de la Nouvelle Comédie, Genève et son agglomération profiteront dès 2021 de deux grandes maisons. Notre commentaire

Avouons. On avait prévenu les fossoyeurs. On croyait, fataliste qu’on est parfois, à la loi des séries. Après le Musée d’ethnographie première version refusé en 2001 par la population genevoise, après la Maison de la danse rejetée par la population de Lancy en 2006, après l’échec retentissant du projet Jean Nouvel pour le Musée d’art et d’histoire en février 2016, on ne donnait pas cher du nouveau Théâtre de Carouge conçu par le bureau lausannois Pont12. Et la surprise est à la hauteur du scepticisme ambiant: les Carougeois n’approuvent pas à la sauvette la reconstruction de leur théâtre, ils l’appuient massivement, avec 65% de votes favorables – pour un taux de participation très honorable de 39%.

A ce propos: A Carouge, le MCG s’attaque au théâtre

Une valeur d’impulsion

Ce oui-là a valeur d’impulsion. Pas seulement pour la Ville de Carouge, pour sa ministre de la Culture Stéphanie Lammar, qui s’est considérablement investie dans la campagne, ou pour Jean Liermier, directeur d’un théâtre qui bat des records de fréquentation – près de 90% de taux d’occupation pour ses deux salles. Mais pour toute la région.

Genève souffrait depuis des décennies de la vétusté de ses infrastructures, du Musée d’art et d’histoire au Grand Théâtre, de la Comédie au Théâtre de Carouge. Or le paysage culturel est en train de se métamorphoser.

Avec la place de Neuve et la Nouvelle Comédie

L’opéra de la place de Neuve est en pleine restauration – il rouvrira ses portes à la rentrée 2019. Et, parallèlement, deux chantiers majeurs s’ouvrent: celui de la Nouvelle Comédie, dans le quartier de la gare des Eaux-Vives, chantier intimement lié au CEVA – cette liaison ferroviaire entre la gare Cornavin et Annemasse; et celui du Théâtre de Carouge, donc, qui promet de rayonner avec ses deux salles, ses ateliers et ses studios enfin rassemblés au même endroit.

Lire aussi: Au berceau, la Nouvelle Comédie triomphe déjà

Luxueux, dites-vous? Non, si les deux maisons jouent la carte de la complémentarité. La Nouvelle Comédie, sous la direction de Natacha Kouchoumov et Denis Maillefer, devrait miser sur des esthétiques contemporaines. Jean Liermier, lui, défend une approche classique, c’est-à-dire exigeante et imaginative, des grands textes du répertoire.

Dans les années 1980, le metteur en scène Benno Besson à la Comédie et l’acteur Georges Wod au Théâtre de Carouge se répartissaient les rôles de la même façon. Il n’y a jamais eu autant de spectateurs dans les deux institutions – quelque 10 000 abonnés au Théâtre de Carouge, dans ses plus belles années, un record suisse. Les augures avaient donc tort d’être défaitistes. L’âge d’or théâtral à la genevoise, c’est peut-être pour demain.

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