Il existe de nombreuses raisons justifiant l'établissement de colonies spatiales, recensées par un des enquêteurs chez des écrivains comme Fritz Leiber, Curt Siodmak, Michael Moorcock ou Arthur C. Clarke: par exemple, fournir aux humains de nouveaux habitats (parce que la Terre est devenue politiquement invivable, ou irrespirable, ou trop chaude, allez savoir); parce que c'est une étape logique de l'évolution humaine; ou parce que des minorités y voient l'opportunité de créer leur société idéale, à l'image des fuyards du Mayflower.

Comme cible, Mars tient la vedette, surtout ces dernières années. Il faudra d'abord réchauffer la planète rouge grâce à un gigantesque miroir orbital renvoyant les rayons solaires à sa surface. Dans un premier temps, les colons vivront sous la surface du sol pour éviter les vents et les poussières mortelles, ou, comme le suggère A. C. Clarke, sous de vastes dômes. L'auteur imagine aussi la création par manipulation génétique d'une plante 100% martienne, l'oxyferra, qui puisse extraire l'oxygène du sol et le disséminer.

Autre nouvelle Terre potentielle, Titan, une lune de Saturne. Selon Peter Baxter, il faudra un voyage de sept ans à bord d'un vaisseau propulsé par un réacteur surpuissant chauffant à 480° C. «Très plausible, mais avec des chances de succès limitées», note un rapporteur.

Plus audacieux, David Drake imagine l'adaptation de Vénus aux conditions terrestres grâce à des astéroïdes que des humains, plutôt avancés technologiquement, détournent de leurs trajectoires pour les envoyer se disloquer dans l'atmosphère de la planète. La projection de poussières et de particules dissipe les poisons, génère de l'eau et solidifie la surface. Ces kamikazes fécondeurs peuvent en outre être pourvus de bactéries ou de semences afin d'enrichir le cocktail ainsi déversé.