Les années 1980, les gros téléphones colorés, la crise des missiles, les compil sur cassettes, la chanson Waiting for a Girl Like You… Inépuisable réservoir de souvenirs et de mythologies pour les quadras et plus. C’est ce public que vise la nouvelle série de Netflix, Stranger Things, mise en ligne il y a quelques jours. Due aux frères Duffer, qui ont œuvré pour Wayward Pines, la série joue à plein la carte de la nostalgie, sur le versant fantastique.

Des dangers de la recherche sur l'énergie

A Hawkins, petite ville rurale de l’Indiana, le jeune Will est enlevé par une chose qu’on voit peu, mais que l’on devine antipathique. Will fait partie d’un attachant quatuor de gamins bons élèves, mal vus à l’école, fans de Tolkien et de jeux de rôles. Il disparaît d’ailleurs après une partie. La ville est voisine d’un important centre de recherche sur l’énergie; évidemment, le danger vient de là.

Les huit épisodes sont axés sur les courses-poursuites en vélo des plus jeunes, qui sont vite traqués par tout ce que l’Amérique compte d’agents spéciaux; les amourettes et implications des ados; les stratégies de la mère de Will, qui semble perdre la boule (Winona Ryder, excellente); et l’enquête du shérif. Sans oublier les agissements des vilains chercheurs.

Deux créateurs nés pendant ces années-là

Les frères Duffer sont nés pendant les années 1980. Ils ne les ont donc pas vécues. Ils se régalent de la nostalgie ambiante – sans doute, celle de leurs commanditaires chez Netflix, dont le chef des contenus Ted Sandaros est né en 1964. En tout cas, les créateurs et réalisateurs soignent la commande, de la musique tendance synthés à la typo du générique, hautement vintage.

En sus, il fallait une figure de passeur de ces années-là: c’est l’acteur Matthew Modine, révélé dans Birdy (1984) puis Full Metal Jacket, et qui là, crinière blanche, incarne la science sans conscience.

Du cinéma aux séries

Série un peu froide, qui offre peu d’émotions sauf son suspense, Stranger Things ravit le public cible par son caractère de madeleine horrifique, trempée dans l’ambiance Goonies et Poltergeist. Fait à souligner car c’est souvent le talon d’Achille de telles entreprises, les acteurs enfants sont brillants.

Et puis, le feuilleton raconte en soi une évolution de la culture populaire: durant ces fameuses années 1980, l’histoire aurait donné lieu à un film, par exemple produit par Steven Spielberg. En 2016, c’est une série, payée par un géant de la Toile.


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