La chronique de l’art

Les nouvelles géographies du marché de l’art

Un Rembrandt réalisé par des développeurs, Instagram en réseau de galeristes, l’omniprésence des algorithmes… le marché de l’art est bouleversé par les nouvelles technologies. En profondeur, vraiment?

A l’heure où l’intelligence artificielle se transforme en peintre via la réalisation d’une nouvelle œuvre de Rembrandt, et sans compter le sabotage d’une pièce vendue aux enchères par l’artiste lui-même (Banksy et son Girl with balloon), force est de constater que le contexte et les mécanismes du marché ne cessent de changer.

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Les algorithmes peuvent analyser, compiler, imiter, accompagner, quantifier et ils sont, à ce titre, des bases de données essentielles pour les acheteurs comme pour les vendeurs. La plateforme de vente Artprice, créée en 1987 déjà et devenue le leader mondial des banques de données sur la cotation et les indices de l’art, compte, selon les derniers chiffres communiqués, plus de 27 millions d’indices et résultats de ventes couvrant près de 500 000 artistes.

La disruption de la blockchain

Depuis 2010, l’application en ligne Instagram est le deuxième réseau social utilisé dans le monde de l’art après Facebook. Il offre une interface gratuite, rapide, efficace qui permet aux galeristes comme aux maisons de vente de relayer quotidiennement les activités de la galerie et de tester l’engouement pour tel artiste ou telle œuvre. Cette manière de développer une visibilité, voire de fédérer des collectionneurs devenus utilisateurs, est avérée et ceci sans un réel outil de monétisation.

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Par ailleurs, le marché de l’art étant un marché comme un autre, le modèle blockchain, présenté comme le moyen disruptif par excellence, semble être celui à suivre aujourd’hui et demain selon certains experts (Artechforum, HEAD, Genève 11-12 octobre). La technologie blockchain permettrait de fluidifier les interactions entre les différents acteurs, d’optimiser le temps et les coûts et d’assurer une traçabilité.

Vraiment? Et quels corpus d’artistes et d’œuvres cette pratique peut-elle concerner? On ne trouve que très peu d’informations sur les premières transactions conduites à ce jour via des entités basées à Londres et à Singapour pour celles qui offrent officiellement ce type de services. Ainsi, restons attentifs à ces pratiques, mais gardons aussi le plaisir de la découverte et de la négociation via les salons, les foires et autres interfaces dites classiques, qui ont l’avantage d’avoir fait leurs preuves. Et ce début d’automne n’en manque pas, après Frieze à Londres, voilà la FIAC à Paris avant Art Basel Miami, pour ne citer que les principales.

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