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Nouvelles révélations sur la fin des temps dans «Saccage»

Frederik Peeters trempe son stylo dans l’acide lysergique le plus pur pour créer un addendum richement illustré à l’Apocalypse. Un chef-d’œuvre fascinant

Le septième ange sonna de la trompette: Frederik Peeters publia Saccage. Cet élégant volume au dos toilé, format à l’italienne, comprend 75 cases, ou plutôt 75 tableaux A4, comme autant d’étapes sur un chemin initiatique. Pas le moindre texte, didascalies ou phylactères, n’accompagne les images: le lecteur a pour toute boussole son imagination, qui permet de décrypter les symboles et de voir l’invisible.

La quête commence dans une sombre isba délabrée. Un couple partage un maigre repas de feuilles mortes avec la silhouette aquatique d’un enfant. Une grosse tête de Mickey crevé s’affale dans l’humus. Un stalker au teint jaune Simpson pousse sa bicyclette. Grimm, Walt Disney et Tarkovski ont rendez-vous dès la première image. Les références vont se multiplier jusqu’au vertige.