Dessin

Noyau-Odoul en 150 arrêts sur image 


Le dessinateur traduit en gouaches l’œuvre du cinéaste. Le livre engendre une exposition et une soirée à la Cinémathèque

Hollywood ne cesse de traduire en images animées les cases des comix publiés par Marvel. Le contraire est plus rare, mais il existe. Ainsi, dans Résurrection permanente d’un cinéaste amoureux, Noyau évoque en 150 vignettes le cinéma de Damien Odoul. Né au Puy en 1968, ce rééalisateur plutôt confidentiel est l’auteur de onze courts-métrages, trois documentaires de création, un téléfilm et sept longs-métrages, Le Souffle (récompensé à Venise en 2001), Errance, L’Histoire de Richard O, Morasseix, La Richesse du Loup, En attendant le déluge et La Peur (Prix Jean Vigo 2016), dans lesquels jouent, souvent à contre-emploi, des acteurs comme Pierre Richard, Mathieu Amalric, Laetitia Casta ou Anna Mougalis.

Le cinéaste soumet ses plans rigoureusement construits et ses aphorismes au dessinateur qui les réinvente dans un cadre aux bords plus flous que celui de l'écran blanc. A l’instar des insectes pris dans la résine, l’image en mouvement s’englue dans les gouaches que Noyau brosse d’un pinceau (ou d’un doigt...) énergique, suscitant une autre dynamique, soulignant d’autres lignes de force, activant d’autres ressorts poétiques ou suggérant des dissonances significatives. «Je crois que c’est au moment de mourir qu’il a compris qu’il aimait la vie», dit la légende, tandis que le dessin montre deux insectes en train de s’accoupler. «Ma première médaille...», s'enorgueillit la garçon blond, le visage enfoui dans sa main.


Damien Odoul, Résurrection permanente d’un cinéaste amoureux, dessins de Noyau, préface d’André S. Labarthe. Les Cahiers dessinés, 220 p.

Exposition: Lausanne, Espace Richterbuxtorf (William Fraisse 6), jusqu’au sa 19, vernissage je 17, 17 heures.

Projections: Lausanne, Cinémathèque suisse, Casino de Montbenon, salle Cinématographe, ve 18, 18h30 (Morasseix) et 21 h (Le souffle)

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