Le Temps d'un café

Les nuits fauves de Capucine et Simon Johannin

Couple dans la vie et dans l’écriture, les auteurs, 26 ans chacun, signent «Nino dans la nuit», roman générationnel où l’on suit une jeunesse précaire et picaresque expier ses galères dans les nuits de Paris

«Paradis? Nino Paradis? Bordel c’est qui ta mère, Amélie Poulain? Qu’est-ce que tu viens chercher ici Nino, tu veux en finir avec ton nom?» Tout commence à la dure dans une drôle de légion. Trente pages d’ouverture cinématographique où Capucine et Simon Johannin, les deux auteurs, attrapent le jeu de langue hilarant d’une caserne. Puis Nino-le-galérien fuit. Il retourne buter contre l’asphalte d’un Paris périphérique.

Il doit retrouver Lale, sa bouée amoureuse. Teigneux, un peu candide, Nino est surtout à la recherche de plans thunes. Sous les néons du bord de la ville, entre combines et intérim, on suit à travers ses yeux l’errance d’une jeunesse précaire. Invisible et peu gâtée, pas misérable non plus, elle survit comme elle peut aux lendemains incertains. Lendemains de fête, aussi, refuge omniprésent. C’est dans cette nuit provisoire qu’échappent au réel les personnages du duo Johannin. Entre sons et défonce, ils dansent sur le fil de leur existence le temps d’une extase collective.