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Cuba Gooding Jr (3e depuis la gauche) en O. J. Simpson et ses avocats, incarnés notamment par David Schwimmer (à sa gauche) et John Travolta ( tout à dr.).

Fiction

O. J. Simpson, inoxydable héros de la culture populaire

O. J. Simpson pourrait être libéré dès ce dimanche. Il a fait l’acteur, notamment dans des feuilletons judiciaires et dans «La Tour infernale», avant de devenir la matière première de feuilletons. Une brillante série raconte le procès de 1995

«Je n’ai pas voulu rencontrer O. J. Simpson avant de l’interpréter. Je ne voulais pas le juger.» L’année passée face à quelques journalistes à Paris, Cuba Gooding Jr expliquait avoir été hanté par le rôle du joueur de football américain, qui pourrait sortir de prison dès ce dimanche. L’acteur incarne l’accusé dans la magistrale série The People v. O. J. Simpson, premier volet d’une anthologie (American Crime Story) due à Ryan Murphy, naguère créateur de Nip/Tuck. La série est disponible sur Netflix.

A ce sujet: «American Crime Story», la série qui refait le procès d’O.J. Simpson

L’acteur vit lui-même dans le quartier de Brentwood, où ont été commis les deux meurtres de 1994. Il a grandi dans cette ambiance de crispations raciales. Il dit encore: «Je ne voulais pas le voir. Il n’est plus ce qu’il a été. Dans la série, il est au sommet de sa gloire; à présent, il est incarcéré, broyé par le système carcéral américain.»

Acteur d’abord dans le registre judiciaire

O. J. Simpson est devenu une figure de la culture populaire. Il a désiré son ascension dans la fiction, à Hollywood. Fait piquant, il a d’abord joué dans le registre… de la justice. A la fin des années 1960, il veut se faire vedette globale en jouant dans des épisodes de L’Homme de fer et Dragnet, alors fleurons des séries policières et judiciaires.

Lire également: Saga O. J. Simpson, l'envers du rêve américain

Après sa gloire sportive, il joue encore dans quelques films, dont La Tour infernale, et dans la série Racines, consacrée à la mémoire de l’esclavagisme. Ce dernier point a son intérêt: même s’il interprète un rôle mineur dans le premier épisode, sa présence dans cette série populaire à son époque (1977) dans la communauté noire sera rappelée au moment du procès et des accusations d’injustice liée à la couleur de la peau. En 2007, son arrestation pour séquestration, vol et agression lui fait toucher le fond des faits divers. Le côté minable de cette histoire de vol pour une bonne cause – recouvrer des objets qui lui auraient appartenu – aurait pu le couler dans la mémoire collective.

Un copieux documentaire et «The People v. O. J. Simpson»

Rien n’y fait. Dans une certaine psyché américaine, O. J. Simpson demeure ce héros déchu dont le procès reste à refaire, toujours, parce qu’aucune conclusion ne s’est imposée. En juillet dernier, Arte a diffusé la série documentaire de Ezra Edelman O. J.: Made in America, cinq copieux chapitres au long desquels le producteur et réalisateur montre en quoi le destin du sportif cristallise quelques-unes des principales obsessions de son pays, en particulier la quête éperdue de la gloire et la permanence de la question raciale.

Et il y a la série de Ryan Murphy. Cuba Gooding Jr en accusé muet. John Travolta et David Schwimmer (Friends) dans la peau de ses avocats – le second incarne Robert Kardashian, et il lui revient la seule brève scène où les auteurs laissent entrevoir leur pensée sur le fond de la question. L’acteur central se dit neutre, il insiste sur le fait qu’il veut aussi «mettre en lumière les travers du système judiciaire américain». Il ajoute que la figure Simpson conserve une inusable puissance dans le paysage public américain.

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