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La présidente (Sura Berditchevsky) dans «O Mecanismo», et, à gauche, le directeur de «Petrobrasil» (Leonardo Medeiros), inaugurant une installation à financements douteux.
© Karima Shehata/Netflix

fiction TV

«O Mecanismo», la série qui allume le Brésil

La nouvelle série brésilienne de Netflix évoque le scandale Petrobras. Dilma Roussef et Lula ont protesté contre une vision accusatrice, selon eux. De fait, «O Mecanismo» ne fait pas dans la dentelle

Ça y est, la Cour suprême du Brésil pousse l’ancien président Lula vers la prison, non sans agitation. Il y a quelques jours, au terme d’une audience de plusieurs heures, l’instance a autorisé l’incarcération du politicien dans le cadre de l’enquête sur un appartement de luxe qu’il aurait reçu.

Une telle session de la Cour suprême est au cœur de O Mecanismo, série brésilienne lancée par Netflix. Ici, la Cour doit décider si une affaire de corruption doit être instruite dans la ville où elle est apparue, ou à Brasilia – ce qui signifie la mort de l’enquête. Inspiré par un livre-enquête, le feuilleton parle de l’affaire Petrobras, ce vaste scandale de financement occulte des partis politiques qui implique la principale compagnie pétrolière du pays ainsi qu’une bonne douzaine d’entreprises de construction – l’affaire passe par la Suisse.

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Une entame en 2002

O Mecanismo suit d’abord la trajectoire de Ruffo (Selton Mello), inspiré par un personnage réel. Un policier incorruptible dans un monde qui ne l’est jamais. Il commence sa croisade en 2002, lorsqu’il repère un agent de change douteux opérant au service des élus locaux. La corruption est un cancer, estime Ruffo, et les métastases ont déjà gagné le pays en profondeur.

Plus tard, confronté à une compromission bien plus ordinaire – il doit payer pour faire changer une conduite percée devant sa maison –, il développera la théorie du «mécanisme»: tout le monde palpe, ce qui rend le système quasi inattaquable. Il sera tenté de poser les plaques.

2014, le scandale Petrobras (il) éclate

2014. Jamais condamné, le même agent de change a fait son chemin. Il est à présent au cœur d’un réseau national. Celui-ci part des grandes entreprises, à commencer par Petrobrasil – impossible de manquer l’allusion –, passe par un cartel du bâtiment, pour aboutir à la plupart des formations politiques. Mis sur la touche, sans qu’il n’abandonne, Ruffo est remplacé par Verena (Caroline Abras), son adjointe.

L’ancien président du pays, toujours très influent, fait appel à un ex-ministre de la Justice passé maître en effacement de pistes troubles. La présidente est au courant de toutes ces manœuvres. Le château de cartes commence à vaciller lorsqu’il devient possible de confondre l’un des directeurs de Petrobrasil.

Dilma Roussef proteste

Nul besoin d’avoir suivi tous les épisodes de l’affaire Petrobras pour comprendre que cette fiction est sérieusement proche de la réalité. Evoquée sans ambiguïté, la présidente déchue Dilma Roussef et Lula da Silva ont crié à une forme de condamnation sur petit écran.

Le projet financé par Netflix, entre autres, est porté par José Padilha et Elena Soarez. Le premier avait créé Tropa de Elite, une série très populaire. Il a aussi officié comme producteur et réalisateur pour Narcos. Mais le caractère tranché de son propos enflamme une partie du pays, sur un terrain sensible: Lula, pas mieux dépeint dans la série que sa successeure, envisage toujours de se présenter aux prochaines élections.

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O Mecanismo ne manque pas de faiblesses, elle tangue entre ses deux personnages principaux, et elle peut énerver par son sous-propos «tous pourris», attribué au pays tout entier dans une pesante voix off. En même temps, elle étonne par de petits exploits créatifs, comme sa capacité à rendre une perquisition passionnante. Et par sa manière d’empoigner l’histoire immédiate à bras-le-corps. Au prix des polémiques.

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