Avec Œdipe sans complexeS, on n'avance pas sur le chemin de la mythologie, mais sur celui de la mystification. Tout est truqué sous la plume de Marco Sabbatini qui signe l'adaptation théâtrale de la fameuse saga des Labdacides à laquelle Sophocle donna l'ampleur d'un chef-d'œuvre sans âge dans Antigone, Œdipe roi et Œdipe à Colone. Trois pièces réduites à vingt pages que l'on espérait comme une extrapolation poétique et moderne du mythe grec et qui s'avèrent être une pochade d'écolier. Où l'on apprend qu'Œdipe n'est pas le fils de Laïos, mais d'un «officier», avant de découvrir qu'il est également le «rejeton» d'un cocher. Une multiplicité de visages suggérée ainsi dans le texte qui élude la quête identitaire du héros au profit d'une fumisterie accentuée par la mise en scène de Gabriel Alvarez et par le jeu des acteurs.

Donné au Théâtre du Galpon, à Genève, le spectacle, qui relève à la fois de la démonstration sado-maso, de la séance d'exorcisme et du rituel pratiqué par certaines sectes, convoque aussi bien l'iconographie religieuse que l'imagerie des revues érotiques de basse gamme. On passe ainsi d'une Pieta – où les figures d'Œdipe et de Jocaste se confondent avec celles de Jésus et de Marie – à une descente aux enfers où la sexualité incestueuse du héros s'accomplit dans une atmosphère d'hystérie.

«Œdipe sans complexeS».

Genève, Théâtre du Galpon. Jusqu'au 6 avril. Loc. 079/257 04 41.