On connaît surtout Bernhard Schlink pour Le Liseur, paru en 1995 chez Diogenes à Zurich. Le roman, propulsé au rang de best-seller international, se déroulait dans l’Allemagne de l’après-guerre et racontait la relation amoureuse entre un jeune lycéen et une femme de 35 ans, illettrée, et comment, bien plus tard, le jeune homme devenu adulte allait découvrir l’implication de son ancienne amante dans la machine à exterminer nazie. Les questions juridiques et morales intéressent Bernhard Schlink, intellectuel prisé des médias et par ailleurs professeur honoraire en droit et en philosophie du droit. Le Liseur questionnait le rapport des Allemands avec le passé des criminels nazis en insistant sur l’humanité de ces derniers. C’est aussi de cela que parle Olga, son nouveau roman.

Aimer apprendre

Son héroïne naît en 1883 dans une grande ville à l’est de l’Empire allemand. Ses parents meurent alors qu’elle n’est qu’une enfant et elle grandit auprès de sa grand-mère dans un village de Prusse orientale. Elle aime apprendre. Contre la volonté du pasteur et de son maître d’école qui estimaient «que pour les filles il était superflu de pousser les études aussi loin», elle intègre l’école normale d’institutrice et devient maîtresse d’école. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle fuit à l’Ouest. Au cours de sa vie, Olga aura donc traversé quatre régimes politiques: l’Empire sous Guillaume II, la République de Weimar, le IIIe Reich et la République fédérale d’Allemagne.