Théâtre

Omar Porras: «Entrez dans ma cuisine, les dieux s’y trouvent»

Eloge du beau geste et du pouvoir des acteurs. A la tête du Théâtre Kléber-Méleau, Omar Porras célèbre le sortilège des planches, à travers une dizaine de spectacles, dont «Le Conte des contes», sa prochaine création

Le parfum de la reine de la nuit. Pénétrer dans le foyer du Théâtre Kléber-Méleau (TKM) à Renens, c’est être projeté, sur un air de Mozart, dans un film de Federico Fellini ou de Tim Burton. Devant les miroirs, sous les lustres qui plastronnent, on attend l’apparition. Un spectre de carnaval, un esprit frappadingue, du genre de ceux qu’on trouve dans Koburo, parade imaginée par Christian Denisart – du 1er au 6 octobre. A la tête du TKM, où il a succédé en 2014 à Philippe Mentha, Omar Porras est le roi de ce bal-là.

Au seuil d’une nouvelle saison, l’artiste colombien affine son credo: le plaisir du trompe-l’œil à l’ancienne plutôt que l’hologramme; la célébration d’un acteur qui emprunte postures et élixirs à des traditions anciennes, le kalaripayat par exemple, cet art martial qui prospère dans le sud de l’Inde, la commedia dell’arte, bien sûr.