Concert

Ondulor: des musiques de dieux éteints et d’orages lointains

A Genève, les soirées Ondulor proposent ce jeudi deux signatures aventureuses: Golem Mécanique et Thierry Charollais

A Genève, les événements labellisés Ondulor sont des petites messes du bien entendre. Dans la salle intimiste du Walden, à l’entrée du quartier des Grottes, juste derrière la gare Cornavin, on écoute des choses étranges, des musiques libres, des expériences de passionnés.

Ce jeudi, ce sont deux belles signatures qui vont se succéder. Golem Mécanique, tout d’abord. Derrière ce nom qui sent bon les invocations en tous genres se cache la Française Karen Jebane. De son art, cette tête chercheuse dit qu’il est une musique de fantômes, faite de conversations avec des dieux éteints, d’angles morts, de fenêtres qui claquent et de voyages immobiles. Et c’est vrai qu’il y a quelque chose d’un crépuscule des dieux dans cette musique à la fois méditative et sépulcrale: Golem Mécanique produit des stases à évolution lente en s’appuyant sur une cithare amplifiée, sur un réservoir d’ondes diverses et de bruits enregistrés çà et là, et surtout sur une voix spectrale, d’une religiosité paradoxale, comme lessivée. On peut écouter son Chant IV, paru en 2016 chez Drone Sweet Drone: c’est un poème sonore qui se craquelle, des mélodies vocales qui ondulent lentement dans un mouvement parfois presque mozarabe, des basses qui vous entourent les chevilles, et un usage du bruit quasiment lynchien par moments. Un éclairant voyage.

L’autre temps de la soirée sera assuré par le Genevois Thierry Charollais. Une figure presque mystérieuse: il fut l’un des fondateurs, il y a déjà quelques lustres, du duo d’improvisation électronique Atoll. Il a travaillé, à des titres divers, avec de grands noms de l’expérimentation (Thomas Köner, Leiff Elggren, Carl Michael von Hausswolff). C’est aussi un impénitent chasseur de sons, presque toujours micro et grosse bonnette en mains aux quatre coins de l’Europe. C’est enfin, et surtout, un poète des fréquences: ses paysages sonores sont des nuages d’onde qui se déplacent, toujours en attente d’un orage.


Ondulor #48. Walden, rue des Amis 9, Genève. Je 27 à 20h.

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