La section genevoise de Patrimoine suisse est critique, mais elle se veut également constructive

La cour est le centre de la composition de Camoletti, elle a notamment été pensée pour distribuer la lumière dans le bâtiment. Pas question d'anéantir cet espace, dénonce la section genevoise de Patrimoine suisse. L'architecte Marcellin Barthassat, son président, explique que l'association s'effraie de la hauteur du bâtiment dans un ensemble urbain à l'équilibre particulièrement soigné. Elle doute des qualités de transparence vantées par le projet. Ainsi, les structures métalliques devront être plus épaisses que ne le laissent prévoir les dessins préparatoires, craignent ces experts.

Si cette occupation de la cour lui fait violence, Patrimoine suisse ne veut pas pour autant paraître dans une simple position de refus, d'autant que des négociations avaient commencé avec la Ville et la Fondation pour l'agrandissement du musée. Jusqu'à ce que l'association se fâche de voir le projet rendu public en plein processus de discussion. Si elle a déposé ce printemps une demande de classement du bâtiment de Marc Camoletti, construit entre 1903 et 1910, elle lance néanmoins des pistes pour pouvoir agrandir les surfaces d'exposition.

Patrimoine suisse propose ainsi d'envisager les extensions encore possibles, y compris souterraines, dans les bâtiments voisins: l'ancienne école des Casemates, où le musée a déjà installé bureaux et ateliers en 2001, et l'annexe «helvétique» de la Haute Ecole d'art et de design. Pour ne pas aller contre la cohérence urbanistique du quartier qui lui tient à cœur, elle demande aussi que soient étudiés des agrandissements sous la promenade de l'Observatoire, en face du musée.

Il reste à voir comment ses représentants auront reçu les explications de Jean Nouvel à la Commission des monuments, de la nature et des sites, ce mardi.