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«Orange Is the New Black» et son attachant coup d’Etat carcéral

La série de Jenji Kohan revient pour une cinquième saison, dans laquelle, au cœur de la prison de femmes, les rôles sont inversés. Cette situation enrichit encore les personnages

C’est carnaval, dans Orange Is the New Black. Dans sa cinquième saison dévoilée ces jours, la série de prison de femmes créée par Jenji Kohan pour Netflix tente le grand renversement de situation.

A la suite de la mort d’une détenue à la fin de la quatrième livraison, les enfermées se rebellent. La prison de Litchfield est sens dessus dessous. La révolte a d’abord son côté chaotique, et marrant.

Une ironie macabre

Par incompréhension après un coup de feu, les gardiens croient que l’un d’entre eux est en train de tuer méthodiquement les détenues dans les couloirs. Avec leur bagou habituel, au fil des dialogues, les scénaristes énumèrent toutes les récentes tueries collectives («Il nous fait un Orlando, là…»), broyant ainsi, par l’humour, des traumas nationaux.

Désormais, les accusées détiennent le pouvoir. Non sans incohérences, et surtout divergences sur la manière de l’utiliser. L’apprentissage express de la démocratie, pour ces femmes vivant depuis longtemps sous la contrainte et les stratégies clandestines, n’est pas de tout repos. Les revendications vont du plus fantaisiste au plus dramatique. Les velléités d’apparitions publiques, devant les caméras et sur les réseaux, oscillent entre le registre combatif et les cours de maquillage sur YouTube.

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Une épatante diversité

La formidable diversité des figures féminines de Orange Is the New Black éclate une fois encore, dans le même huis clos, mais avec ces rôles inversés. Les détenues font chanter leurs gardiens, littéralement, dans un The Voice de derrière les barreaux. Elles essaient de parler au monde, aussi, avec leur violence et leur pudeur à la fois. Elles se retrouvent à devoir faire tout ce qui leur était interdit jusqu’ici: commander, s’exprimer. Cette situation enrichit encore les personnages. Dans le déroulement de la série – dont les saisons 6 et 7 ont été commandées –, ce passage par le coup d’Etat carcéral était nécessaire. Il se révèle savoureux.


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