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OrelSan, Jonathan Cohen, Bruno Muschio et Kyan Khojandi à Cannes, 6 avril 2018.
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Séries sur Croisette

OrelSan: «On avait écrit 30 épisodes de "Bloqués", et il a fallu en faire 90 de plus...»

Au Festival de Cannes des séries, Kyan Khojandi, OrelSan et le scénariste Bruno Muschio racontent la fabrication de «Bref», «Bloqués» et «Serge le mytho». Coulisses d'une petite usine de l'humour

Cette semaine se tient Canneseries, le premier Festival de Cannes dédié aux feuilletons TV. Chaque jour, nos échos de cet événement qui veut égaler son grand frère cinématographique.

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C’est la crème des séquences comiques courtes à la française. En quelques années depuis 2011, Bref, puis Bloqués, et enfin Serge le mytho, toutes sur Canal+, ont aligné leurs perles d’humour potache et serré, leurs pointes acides en comédie de mâle urbain ordinaire, leurs dialogues ciselés – hormis Serge le mytho, cas particulier en raison de la logorrhée du comédien Jonathan Cohen.

A Canneseries vendredi soir, Kyan Khojandi, OrelSan et leur bande ont raconté leurs aventures de petit écran, à commencer par la naissance de Bref, «un accident» selon Kyan et le scénariste principal des trois séries, Bruno Muschio. L’humoriste précise: «On travaillait sur mon spectacle. Et puis est venue l’idée d’une forme très courte...». De fil en aiguille, Bref prend corps, et se retrouve présenté chez Canal+.

Le poids de la chaîne se révèle déterminant, d’abord comme instance de reconnaissance, puis, bien sûr, comme bailleur de fonds. Le petit artisanat en troupe rencontre les premières contraintes. OrelSan narre les premiers pas de Bloqués, scènes de glanderie sur canapé de deux coloc (l’autre sbire est Gringe): «En tournant le pilote, on était sans cadre. On s’est rendu compte qu’il valait mieux avoir un thème par séquence. Au total on était six personnes à l’écriture. On a écrit 30 épisodes, c’était chaud, et puis on nous a dit: «OK les mecs c’est bien, il en faut encore 90». On n’avait pas compris qu’il en fallait autant...».

Notre portrait: OrelSan, le temps de la responsabilité

Entre deux éclats de rire, c’est une petite industrie du comique nouvelle génération qui se confie. «On n’est pas des fêtards, on veut monter des projets» veut dire OrelSan – et là, il paraît sérieux. Il souligne le rôle majeur de Bruno Muschio, «les vannes s’accumulent, lui sait mettre une structure». «Ils ne pensent qu’à des gags de dessins animés», raille le scénariste: «En fait ils rêvaient de faire les Simpson. On devait leur dire que c’était pas possible.»

Et puis, l'improvisation

Pour Serge le mytho, autre expérience, basée sur l’improvisation, y compris avec quelques vedettes invitées, note Bruno Muschio: «Les gens de Canal ont été cools, on leur présentait l’idée d’un mec qui va improviser 30 fois, et ils ont dit oui… La difficulté, c’était avec les comédiens. Ils demandaient, «où est mon texte ?». On leur disait: «Ben, il n'y a rien, tu réponds directement». Et ils demandaient encore le texte.»

Gaudriole et labeur. Kyan explique qu’il ne revoit presque jamais les épisodes antérieurs, «je les ai trop regardés en salle de montage». Quand par hasard il en redécouvre, «il y a des moments que j'avais complètement oubliés».

A plusieurs reprises, sur cette scène cannoise, il dit son émotion à voir des gens devant ses gags: «Nous on fait nos trucs dans les salles de montage. Vous entendre rire ici, ça nous fait vraiment kiffer.» Interrogé sur la célébrité, il minaude, puis glisse soudain: «Etre reconnu dans la rue, c’est hyper agréable, ça montre qu’on a bien fait notre travail.» Le travail, à nouveau.


Les vidéos insérées dans cette chronique font partie de celles montrées sur scène à Cannes, signalées parmi les préférées des comédiens et auteurs.

Lors du concert à Genève: OrelSan, victoire sur la ligne


A propos d'Orelsan:

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