«Pour chaque action, il existe une réaction égale et opposée.» Osmos, jeu vidéo de puzzle disponible sur mobile, tablette et ordinateur, s’ouvre sur la troisième loi du physicien Isaac Newton, principe sur lequel il repose. Cette entrée en matière peut décourager les esprits romantiques. Va-t-on devoir réaliser des calculs savants pour obtenir un shot de dopamine? Le scepticisme s’évanouit à la première apparition d’une sphère bleue qui nage dans un océan de pénombre. Celle-ci se met en mouvement en tapotant sur l’écran. La force exercée permet d’absorber des cellules phosphorescentes placées dans un espace défini.

Lire aussi: The Room, le mystère de la maison close

Au fur et à mesure, la petite bulle prend de l’épaisseur. Le niveau s’arrête lorsqu’elle devient géante au point de dépasser la concurrence. Car l’opération n’est pas aisée: il faut se glisser entre des sphères vénéneuses et plus ou moins volumineuses. Et si par malheur on en touche une, notre bulle vire au rouge et la partie se termine. La mécanique résonne étrangement avec les règles de distanciation sociale qui régissent désormais notre quotidien. Les gouttelettes gorgées de virus sont ici remplacées par des cellules rougeâtres, plutôt agréables à observer.

«Détendez-vous»

La première force du jeu réside dans sa dimension contemplative. On se prend à étudier le ballet des sphères qui s’animent comme des planètes autour de l’astre solaire. Ce jeu oblige également à vivre en osmose avec l’environnement virtuel proposé. Chaque déplacement demande une énergie qui voit rétrécir dangereusement notre bulle, ce qui requiert beaucoup de patience et une certaine efficience. «Détendez-vous», conseille son créateur, le studio Hemisphere Games.

De l’apaisement oui, mais la partie n’atteint jamais le stade de la méditation. Cela s’aggrave au fil des niveaux (47 au total, sans compter les huit contenus additionnels). Une légère pression se fait ressentir pour répondre à un objectif qui, au fil du temps, fait naître un doux sentiment de culpabilité: il faut tout de même écraser de petites cellules pour prendre du volume, et ainsi crier victoire. Cela ressemble à la loi du plus fort. Mais personne ne pourra vous reprocher de bomber (un peu) le torse et d’aspirer l’énergie de vos congénères. C’est un plaisir, que l’on s’offre dans le confort de son salon en période de pandémie, pour la modique somme de 1 franc sur l’Apple Store. Une perspective onirique.


Nos précédentes suggestions