La troisième série française de Netflix, après Marseille et la passée inaperçue Plan Cœur, a une histoire chaotique. A l’origine, Osmosis était une expérience, plutôt convaincante, de série web lancée par Arte. Il s’agissait, en 2015, de la première création Arte pour la Toile dans sa catégorie «nouvelle génération».

Conçue par Louis Chiche en dix épisodes de sept minutes environ, Osmosis imaginait qu’en 2019 une application réussisse, en principe, à opérer des rapprochements personnels et sentimentaux parfaits à 100%.

Découvrez notre guide interactif des meilleures séries des vingt dernières années

Une reprise voulue par Netflix

Nous sommes en 2019, et voici Osmosis, façon Netflix. C’est le géant américain qui a voulu s’emparer de la série d’Arte sans en reprendre l’équipe. Il a confié le développement de son propre feuilleton à Audrey Fouché, qui a œuvré sur Borgia et Les revenants. Mais qui a ensuite quitté le navire. Cahin-caha, le projet est arrivé à bon port, et le site de streaming le vend par un affichage de rue massif en France.

Pour un résultat piteux. A voir les deux premiers épisodes, sur huit, on ressent la lassitude qui gagne inexorablement le curieux confronté à un énième exercice raté, car cliché, d’anticipation sociale et culturelle.

L’âme sœur sur un plateau

A Paris dans un futur proche, l’ingénieure Esther (Agathe Bonitzer) planche sur le dispositif Osmosis, en essayant d’avoir un maximum de candidats pour la bêta: de vraies personnes, solitaires, à qui le logiciel offrira l’âme sœur sur un plateau. Pressé par le conseil d’administration, le frère d’Esther, incarné par Hugo Becker, réduit le nombre d’élus et, surtout, accélère la date de sortie de l’application. Les tests commencent, les isolés rencontrent leurs soi-disant destinés… Tandis qu’Esther tente de communiquer avec sa mère, dans le coma, en utilisant son outil.

Une imagerie éculée

Excellents, les acteurs n’arrivent pas à repêcher le navire en chute lente. L’imagerie de ce futur-là – pièces glaciales, lumières d’hôpital et maladives, interface informatique façon mah-jong au petit laser – est à ce point éculée qu’on ne la considère même pas. Hormis peut-être l’une d’entre eux, les auteurs n’arrivent même pas à rendre intéressants les cobayes d’Osmosis, qui pourraient pourtant fournir le moteur du feuilleton.

La création d’Arte anticipait de deux ans l’épisode Hang the DJ, de Black Mirror, qui faisait partie de la nouvelle saison financée par Netflix. Ce chapitre abordait les apps de relations amoureuses. A présent, le même commanditaire semble radoter en proposant la même chose, en moins bien.

A propos de la quatrième saison: Toujours aussi puissante, la série «Black Mirror» élargit sa palette