On se rend au concert pour des moments comme celui-là. Les noms les plus prestigieux, les œuvres et les compositeurs les plus populaires n’y peuvent rien. L’alchimie opère, ou pas. Mercredi soir au Victoria Hall, la rencontre de l’OSR et de Jonathan Nott avec Britten, Chostakovitch et Gautier Capuçon était mue par la grâce de cette magie. Une véritable fête musicale, tragique, volcanique, lyrique, intime et collective.

Rien a priori ne disait que le cycle souhaité par le chef de l’OSR autour de Benjamin Britten et Dmitri Chostakovitch offrirait tant d’éblouissements. Au dernier épisode, on comprend l’enthousiasme de Jonathan Nott pour cette aventure amicale et historique. C’est que, au-delà de la programmation artistique, une autre affaire se joue. Celle d’un chef qui parle les mêmes langues musicales, vibre aux mêmes rythmes, plonge aux mêmes sources sensitives et puise aux mêmes couleurs sonores.