Il est raciste, machiste et selon lui, les hippies devraient se couper les cheveux. Hubert Bonisseur de la Bath, alias OSS 117, alias Jean Dujardin, est de retour, douze ans après ses mésaventures du Le Caire, nid d’espions. Nous sommes en 1967, le monde a changé, pas lui. Une nouvelle mission l’envoie à Rio de Janeiro, récupérer des microfilms compromettant pour le gouvernement français. Il devra également travailler avec le Mossad pour capturer un ancien nazi en fuite.

«Si vous aimez la danse et les Chinois, ce film est pour vous» vante la bande-annonce très pop du film. Et de fait, tout le monde en prend élégamment pour son grade. Les Chinois, les juifs, les femmes, les jeunes, les Allemands, la liste est longue et savoureuse. Le personnage imaginé dans le premier volet par Michel Hazanavicius, connu pour Le Grand détournement, et brillamment mis en chair par Jean Dujardin, n’est aujourd’hui plus aussi sûr de lui, cela le rend encore plus attachant.

Hilarant, jamais méchant

Rio ne répond plus va encore plus loin dans le concept et jongle brillamment entre un second degré clinquant, immédiat, et un degré plus sophistiqué, comme lorsque le nazi, du haut du Corcovado, entonne le monologue de Shylock du Marchand de Venise , de Shakespeare, et remplace le mot juif par celui de nazi («Un nazi n’a-t-il pas des yeux», etc.). Les dialogues sont burlesques, délirants. Dans la bouche d’un Hubert de la Bath d’un autre temps, l’effet est détonnant. Jean Dujardin excelle, moins Sean Connery que dans le premier, plus Paul Newman. Une telle évolution du personnage appellera peut-être un ultime volet mais pas plus. On croit le réalisateur lorsqu’il dit qu’aucune franchise n’est prévue, et ça aussi, ce juste dosage, on aime.

OSS 117: Rio ne répond plus, de Michel Hazanavicius (France, 2009) avec Jean Dujardin, Louise Monnot, Alex Lutz, Rüdiger Vogler. 1h40