Dès que l’on entre dans les bureaux parisiens de BMG France, le profil d’Oumou Sangaré s’impose derrière la vitre de la salle de conférences. La perruque afro, les habits noirs sobrement élégants, la posture font d’emblée penser à la figure de la célèbre militante antiraciste et féministe Angela Davis dans les années 1970. La comparaison ne s’arrête pas là. Au Mali, Oumou Sangaré est plus qu’une star, elle est l’icône des femmes. Dans ses premiers albums des années 1990, Moussolou, Ko Sira, Worotan, elle chantait contre l’excision, les mariages arrangés. Trente ans plus tard, dans Timbuktu, elle interprète la souffrance des mères qui doivent envoyer leurs enfants mendier dans la rue, ou de celles qui doivent se sacrifier en travaillant nuit et jour pour que leurs enfants puissent aller à l’école.