Tous les week-ends, nous proposons nos conseils de films, séries, podcasts et autres créations à découvrir chez soi. Retrouvez toutes nos suggestions.

Si vous avez… 2h40

«The Pentaverate»

Malgré une apparition dans Bohemian Rhapsody, on avait perdu de vue Mike Myers. Vingt ans – déjà! – après le dernier volet de la trilogie Austin Powers, irrésistible parodie des James Bond, le Canadien revient en grande forme sur Netflix avec une série en six épisodes de moins de 30 minutes dans laquelle, fidèle à son amour du déguisement et de la transgression, il incarne pas moins de huit personnages.

The Pentaverate, qui se vautre avec délice dans un humour décalé au ixième degré, raconte l’histoire d’un gentil journaliste canadien en fin de carrière partant à New York démasquer une société secrète fondée au XIVe siècle pour servir l’humanité. Sur fond de complotisme et de montée des extrêmes (et avec un détour par Zermatt!), Myers signe une série multipliant les niveaux de lecture et les mises en abyme, s’amusant notamment de l’uniformisation et de la diversité volontariste des contenus Netflix. Mentions spéciales au générique commenté en voix off par Jeremy Irons et à la bande-son confiée au duo britannique Orbital, fer de lance dans les années 1990 de l’ambient. S. G.

Une mini-série en 6 épisodes créée par Mike Myers (2022). A voir sur Netflix.

A propos du 3e opus: «Austin Powers 3», la parodie de la parodie s’autoparodie

Si vous avez… 4 x 55'

«Oussekine»

Le 6 décembre 1986, une nouvelle manifestation secoue Paris. Les étudiants sont vent debout depuis des jours contre un projet de réforme des universités. Ce soir-là, Malik Oussekine est allé suivre un concert de jazz. Dans la rue durant son retour, il est pris en chasse par des policiers à moto. Son décès est prononcé dans un hôpital des heures plus tard, et le lendemain, les autorités tardent à informer la famille…

L’engrenage d’une affaire d’Etat est enclenché. Venu du Bureau des légendes, Antoine Chevrollier la raconte fort bien. Au plus près des deux frères et deux sœurs, de la mère, des proches qui ne comprennent pas, ne peuvent pas comprendre comment on peut chercher à faire du petit frère prodige un terroriste ou (et) un dealer.

L’auteur fait des choix, il éclipse un peu le motif de colère estudiantine en arrière-plan et la démission du ministre concerné. Mais tout en suivant les proches et leur croisade pour obtenir justice, leur bataille dans les tribunaux, il dépeint assez justement ce pays de l’ère Pasqua. Cette France qui écrase la minorité maghrébine qu’elle a engendrée, qui est animée à la fois par les violences policières et par l’appel à la mixité de L’Aziza – après tout, 1986 est aussi l’année de la disparition de Daniel Balavoine. Une forte tranche d’histoire récente, parrainée par Olivier Gourmet ainsi que Kad Merad en ministre et avocat. Pour sa première incursion dans la fiction de production française, Disney+ réussit son coup. N. Du.

Une mini-série d’Antoine Chevrollier (2022). A voir sur Disney+.

Si vous avez… 4 x 56'

«Blood Sisters»

Pour un mariage, c’est fâcheux: l’époux est abattu par l’amie de la fiancée, puis les deux femmes le décapitent dans la chambre d’hôtel peu avant la cérémonie, afin de mieux transporter le cadavre. Blood Sisters commence comme un drame assez lourd et se poursuit comme une cavale façon Bonnie and Clyde, mais avec deux Bonnies; les amies sont encore plus soudées dans leur malheur. En fait, le futur mari battait sa promise, dont la famille, pauvre, la poussait vers l’autel avec vigueur. Tenues somptueuses, vedettes nationales à satiété, échappées dans Lagos (Nigeria) et dans les frêles villages côtiers, déchirures familiales; Nollywood, le temple de l’audiovisuel de Lagos, débarque sur Netflix avec une créatrice presque novice, qui promet. N. Du.

Une minisérie (appelant une suite) de Temidayo Makanjuola (). A voir sur Netflix.

Retrouvez tous nos articles sur les séries.

Si vous avez… 1h32

«Jack l’éventreur»

Un Jack l’éventreur par Jesus Franco avec Klaus Kinski, sur Play Suisse: bizarre, non? Mais si, parce qu’il s’agit d’une production Erwin C. Dietrich. Un nom, une légende: sérial créateur de sociétés de production, le «Roger Corman suisse» avait fait plusieurs films avec le sulfureux réalisateur espagnol, au croisement d’un érotisme un peu sombre et de l’horreur rouge vermeil. Cette variation sur l’éventreur, dans laquelle Jean-Claude Carrière a un peu trempé, fait dans la psychanalyse rapide en vogue à l’époque pour les tueurs (Psychose, Le Voyeur). Une curiosité. N. Du.

Un film de Jesus Franco (1976). A voir sur Play Suisse.