Directrice générale depuis 2002, Laurence Herszberg a suivi de près les travaux de rénovation du nouveau Forum, financé à 80% par la Ville de Paris et à 20% en recettes propres. Ses préoccupations: rester exigeant sans s'enfermer dans l'élitisme, faire du contemporain avec du vieux et, surtout, faire de ce nouvel endroit culturel un lieu de plaisir pour tous.

Le Temps: Forum des images est-il différent de, ou complémentaire à la Cinémathèque?

Laurence Herszberg: Avant tout, la Cinémathèque est financée par l'Etat, nous, par la Ville de Paris. Ensuite, la Cinémathèque va essentiellement proposer des rétrospectives. Elle va présupposer une certaine connaissance du cinéma. Le Forum envisage plutôt le cinéma dans son rapport au monde et à la société. Il propose un regard sur l'état du monde.

- Une telle collection doit représenter un budget énorme...

- Oui. La puissance publique permet de maintenir cette mémoire audiovisuelle. Mais les catalogues, américains par exemple, sont de plus en plus chers. Le renchérissement des œuvres est passé de 25 euros la minute à parfois 70 euros la minute. Cela freine l'extension des collections.

- Le prix attractif et la modernisation vont drainer de nouveaux visiteurs...

- Nous voulons être ouverts et pointus pour faire coexister tous les publics, cinéphiles, enfants, amateurs, etc. Nous voulons être un lieu de plaisir pour tous. Propos recueillis par E. Dy